Agnès Buzyn se dévoile…et évoque les sujets qui fâchent !

Paris, le mardi 8 août 2017 – La ministre de la santé, Agnès Buzyn,  s’est confiée aux journalistes du Figaro sur son parcours et ses intentions à l’occasion d’une série baptisée par ce journal « les nouveaux visages du pouvoir ».

Sur sa vie "d’avant",  elle explique être tombée dans la médecine petite et avoir hérité du « goût pour le service public » d’un père marqué par son internement à Auschwitz... Elle se réclame aussi de la filiation de Simone Veil et souhaite  « à son image » conserver sa « force de conviction », son « ardeur » et sa « droiture » dans ses nouvelles fonctions.

Sur sa nomination, elle raconte ne pas avoir hésité à accepter l’offre d’Edouard Philippe et avoue avoir été séduite par la démarche d’En Marche ! : « Je me sens à l’aise dans cette équipe qui affiche une volonté de pragmatisme et réunit des personnalités de tous bords ».

Parler du tiers payant et du prix de la consultation…en abhorrant la langue de bois

Celle qui déclare dans cet entretien abhorrer la langue de bois a évoqué le tiers payant et le tarif de l’acte médical.

Si elle affirme que le tiers payant ne sera pas supprimé, il semble devoir répondre à des attentes inconciliables : « l’objectif est de concevoir un tiers payant généralisable, et donc de réfléchir aux conditions de faisabilité. Il n’est pas acceptable que des familles françaises renoncent aux soins médicaux car elles ne peuvent plus avancer l’argent des soins. La mise en œuvre de ce tiers payant ne doit pas ajouter une lourdeur administrative supplémentaire pour les médecins mais, au contraire, leur permettre de dégager du temps pour exercer leur métier. Il faut redonner du temps médical aux médecins » objectifs louables mais… peu compatibles !

Tarif de la consultation : « pas l’alpha et l’oméga »

Concernant le prix de la consultation, elle explique : « le prix de la consultation n’est pas l’alpha et l’oméga de la considération du médecin. On peut imaginer, dans l’avenir, confier aux médecins de nouvelles responsabilités et les valoriser autrement. C’est un champ sur lequel je discuterai avec les syndicats dans les mois à venir ».

Elle a aussi esquissé ses « grands chantiers » : faire de la France un bon élève de la prévention, réduire les fractures issues de la désertification médicale et mieux accompagner l’enfance en difficulté.

Face aux tempêtes à venir, elle déclare souhaiter s’inspirer de son modèle en politique…Winston Churchill ! Cette statue de commandeur ne sera peut-être pas de trop…

Frédéric Haroche

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Vos réactions (17)

  • Faux problème

    Le 08 août 2017

    Même sans tiers payant la majorité des français bénéficient d'une assurance maladie; beaucoup de terriens ne peuvent en dire autant.

    J'ai pratiqué avec mes patients une dispense d'avance des frais toute simple et qui a fonctionné sans bavure: ils me faisant un chèque du montant de la consultation que je n'encaissais qu'à une date déterminée d'un commun accord, et tout le monde y trouvait son compte. Evidemment, cela nécessite une confiance et une honnêteté réciproque, mais c'est la nature même de la majorité des gens.

    Dr Georges Teisseyre

  • Tu l'as dit

    Le 09 août 2017

    Elle l'a dit : "La mise en œuvre de ce tiers payant ne doit pas ajouter une lourdeur administrative supplémentaire pour les médecins mais, au contraire, leur permettre de dégager du temps pour exercer leur métier. Il faut redonner du temps médical aux médecins."

    On verra bien si elle parvient à tenir parole.

    Dr Jean Doremieux

  • Vous avez dit...pas de langue de bois?

    Le 09 août 2017

    Il n'y a aucune annonce concrète dans cette interview, preuve que notre ministre a elle-aussi appris à parler pour ne rien dire et à esquiver les sujets difficiles. Pas de langue de bois, voyons...

    Dr Astrid Wilk

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