Immorale, l’euthanasie ?

Ferney-Voltaire, le jeudi 2 novembre 2017 – La chambre haute de l’Etat de Victoria en Australie doit se prononcer sur une proposition de loi visant à légaliser l’euthanasie. Dans le sillage de cette actualité législative, l’Association médicale mondiale s’inquiète dans un communiqué « de conflit direct avec les obligations éthiques d’un médecin envers son patient que la loi (…) si elle était adoptée, ne manquerait pas de créer et de son effet préjudiciable sur le rapport à l’éthique qui prévaut au sein de la profession ». L’AMM avertit, en outre, que les personnes vulnérables se trouveraient exposées à un risque d’abus et s’inquiète du signal que constituerait la confirmation officielle que le suicide médicalement assisté et l’euthanasie sont éthiquement acceptables. En effet, à cette occasion, l’association a rappelé ses positions tranchées sur la question, adoptées en 1987, 1992 et 2002 et maintes fois confirmées depuis.
 
Ainsi, elle fait valoir que  « le suicide assisté par un médecin, comme l’euthanasie, est contraire à l’éthique et doit être condamné par la profession médicale. Lorsque l’assistance du médecin vise délibérément et intentionnellement à mettre un terme à la vie d’une personne, le médecin pose un acte immoral ». Elle réaffirme de plus « sa ferme conviction que l’euthanasie est en conflit avec les principes éthiques fondamentaux de la pratique médicale et encourage vivement toutes les associations médicales nationales et les médecins à s’abstenir de participer à l’euthanasie, même si la législation nationale le permet ou la dépénalise dans certaines conditions ».

F.H.

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Vos réactions (6)

  • Loi de Godwin

    Le 05 novembre 2017

    Ah! Les confrères de l'AMM ont bien raison de s'y opposer: toute souffrance est une offrande au(x?) seigneur(s?).
    Et si cela ne vous plaît pas, c’est que vous êtes un national-socialiste (Loi de Godwin).
    Tous les malades "psy" m'ont toujours dit que leurs souffrances morales sont bien plus pénibles, plus insupportables que leurs accidents somatiques.

    Combien de personnes âgées, définitivement malades ou invalides, définitivement pauvres et définitivement isolées n'aspirent-elles pas sincèrement à cette aide sans avoir les moyens de se rendre dans une contrée où elle est permise?

    Petit rappel: fondée en 1947 à Paris, l'AMM ne semble guère avoir été opposée à la pratique de lobotomies frontales sur plusieurs milliers de patients suédois sans leur consentement de +-1940 à +-1960...

    Dr Charles Kariger

  • Référendum !

    Le 05 novembre 2017

    ok, pas éthique,ok immorale. Mais quoi alors ? Vieillir de plus en plus mal, avec la suppression des soi disants médicaments de confort, souffrir physiquement et moralement en espérant la fin.

    C'est quoi cette société hypocrite qui se félicite de ses avancées médicales et ne voit ni la souffrance des soignés et des soignants ?
    Il serait peut-être temps de faire un référendum populaire et validant et accepter sa parole.Et pour ceux qui ne veulent au terme d'une vie où la dépendance les a clouée en finir dignement. Svp par amour ou par pitié il faut accepter !

    Dr Patricia Erbibou

  • Je tique sur cette "éthique"

    Le 06 novembre 2017

    Par l'effet de vouloir généraliser une attitude, on sort de l'éthique qui est une discussion sur un cas particulier pour entrer dans la morale, qui est une pensée unique pour tous.
    Il n'est donc plus question d'éthique dès lors que l'on généralise !
    Garder ceci en tête permet de savoir de quoi l'on parle et tenter de rester dans l'humanité. La morale, c'est la norme. L'éthique, c'est de l'humain, de l'in-dividu (in dividis), du cas particulier. Chaque histoire est unique, parce que chaque humain est unique. Généraliser la vie, come la mort, c'est de la dictature qui ne dit pas son nom.

    C.D.

  • Rien que la médecine !

    Le 06 novembre 2017

    Je suis devenu médecin pour soigner, parfois au risque de tuer, et j'assume.
    Si la société (et quelle qu'elle soit) veut tuer quelqu'un, qu'elle l'assume : l'exécuteur de la décision de justice s'appelle un bourreau, l'exécuteur de la décision administrative, voire médico administrative, s'appellera un ...? Mais pas un médecin !
    Et comme l'écrit justement CD en supra, ce qui se passe entre un médecin et son patient relève de l'intime, et si la mort est au rendez vous, ce ne sera pas sur décision euthanasique collégiale validée administrativement et consignée dans un registre !
    La médecine, oui ! Mais rien que la médecine !

    Dr F.Chassaing

  • Un médecin pour vous tuer

    Le 08 novembre 2017

    Pas besoin d'avoir fait ce n'est qu'une année de médecine pour savoir comment pousser du potassium. Un médecin, c'est juste bon aux politiciens pour se voiler la face.

    Dr PS

  • Assez d'hypocrisie

    Le 11 novembre 2017

    Les médecins qui ont accompagné jusqu'au bout des mourants ont dû bousculer leurs principes à un moment donné et, par humanité, faire des gestes facilitant l'issue prévisible, principalement par l'administration d'antalgiques et de sédatifs avec la quasi certitude que la dépression respiratoire consécutive aboutirait plus vite au décès.

    Comment nomme-t-on cette attitude? Est-ce là violer le serment d'Hippocrate?
    Assez d'hypocrisie.

    Dr Xavier Baizeau

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