Augmenter le taux de HDL réduit la mortalité à long terme

Certains essais cliniques sur les fibrates ont montré une relation inverse entre l’augmentation du cholestérol HDL sous traitement et le risque cardiovasculaire chez des patients avec un cholestérol LDL normal ou élevé. De même, il a été montré qu’un taux bas d’HDL est un facteur important du score de risque de Framingham et doit être considéré comme un composant déterminant du risque de maladie coronarienne.

L’étude BIP (Bézafibrate Infarction Prevention) fait partie de ces essais. Il s’agit d’une étude israélienne publiée en 2000 dans Circulation et qui a été conçue pour évaluer les effets en prévention secondaire de l’augmentation des HDL et de la réduction des triglycérides sur le risque cardiaque de patients avec une maladie coronarienne établie et un cholestérol total normal ou un peu élevé (1,8 à 2,5 g).  Cette étude s’est poursuivie et l’on dispose d’un suivi de 16 ans.

Il a concerné 3 026 coronariens recevant à l’origine soit du bézafibrate à la dose de 400 mg/jour (n = 1 509) soit un placebo  (n = 1 517). La réponse au traitement sur les HDL se répartissait en tertiles avec le tertile supérieur correspondant  à une augmentation des HDL supérieure à 8 mg/dl et le tertile inférieur à une augmentation des HDL inférieure ou égale à 8 mg/dl.

Une analyse multivariée a montré que les patients sous bézafibrate présentaient une réduction globale de 11 % de la mortalité à long terme en comparaison des patients sous placebo (p = 0,06). Dans le détail cette réduction, significative, de la mortalité était de 22 % (p = 0,008) parmi les patients du tertile supérieur, alors que le risque de décès chez les patients du tertile inférieur était similaire à celui du groupe placebo (hasard ratio : 0,95 ; p = 0,43). La probabilité cumulative de décès à 16 ans de suivi était ainsi significativement plus basse chez les sujets traités par bézafibrate avec une augmentation des HDL supérieure à 8 mg /dl (32,1 %), en comparaison de ceux sous placebo (37,9 % ; p = 0,02). Pour les patients dont le taux de HDL a augmenté de 8mg/dl ou moins, le taux de mortalité, de 36,8 %, est équivalent à celui du groupe placebo.

Cette étude suggère donc que l’augmentation des HDL par le bézafibrate est associée avec une réduction à long terme de la mortalité, elle même associée avec le degré de réponse au traitement sur les HDL.

Dr Serge Brugier

Référence
Goldenberg I et coll. : Long term Benefit of High-density Lipoprotein Cholesterol-Raising TherapyWith Bezafibrate; 16-year Mortality Follow-up of the Bezafibrate Infarction Prevention trial. Arch Intern Med., 2009; 169: 508-14.

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