Colchicine : efficace et peu coûteuse en prévention des récidives de péricardite aiguë

Aucun médicament n'avait à ce jour fait ses preuves dans la prévention secondaire des récidives de péricardite aiguë, qui surviennent dans 15 à 35 % des cas, voire 50 % des cas lorsqu'il y a déjà eu une récidive. La colchicine ayant déjà démontré dans des études empiriques monocentriques un beau potentiel (1), il était logique de l'évaluer dans un essai prospectif multicentrique randomisé en double aveugle. Ce que Massimo Imazio (Torino) a réalisé dans une étude conduite chez 120 personnes présentant une première récurrence de péricardite qui ont reçu de la colchicine, ou un placebo, en plus du traitement conventionnel (aspirine 800-1000 mg ou ibuprofène 600 mg/8h, ou pour 8 % d'entre elles de la prednisone 0,2-0,5mg/kg/j). La colchicine était administrée à raison de 1 à 2 mg le premier jour, puis 0,5 à 1 mg/jour pendant 6 mois.

Cet essai, qui a évalué les taux de récidives au bout de 18 mois, a montré une réduction très importante de celles-ci : 24 % dans le groupe traité contre 55 % sous placebo (p < 0,001). Ce qui se traduit par un nombre de sujet nécessaire de traiter (NNT) pour prévenir une récurrence
égal à 3 ! Les critères secondaires évoluent dans le même sens : réduction significative de la persistance des symptômes à 72 heures (23 % contre 53 % ; p = 0,001), augmentation du taux de rémission totale à une semaine (82 % contre 48 % ; p < 0,001), sans effets secondaires majeurs (taux d’effets secondaires comparables dans les deux groupes : 7 % versus 7 %).

« De quoi faire de la colchicine, en plus du traitement anti-inflammatoire, une thérapeutique de référence chez les patients présentant une péricardite récidivante » concluait Andre Keren (Jerusalem).

A noter que ces données ne concernent que des sujets présentant un premier épisode de péricardite récurrente. Et que dans cette étude, étaient exclus les patients pédiatriques, les femmes enceintes ou allaitant, ou ne prenant pas de contraception, ainsi que ceux ayant une péricardite néoplasique ou bactérienne, une élévation des transaminases ou une atteinte hématique sévère, une élévation de la créatinine, une myopathie, une pathologie gastro-intestinale ou un trouble de la crase sanguine.   

Dr Dominique-Jean Bouillez

Références
(1)Imazio M et al. Arch Intern Med 2005;165:1987-91.
Imazio M et al. : CORP: COlchicine for Recurrent Pericarditis (CORP). A multicenter, double-blind, randomized, controlled trial. Hot Line I - Cardiovascular risk and complications. European Society of Cardiology (Paris) : 27- 31/08/2011.

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