Dénosumab et ostéoporose : suite de l’étude FREEDOM

Inhibiteur du ligand du RANK (RANK L), le dénosumab (anticorps monoclonal entièrement humain), l’empêche d'activer son récepteur, le RANK, à la surface des ostéoclastes et de leurs précurseurs. Le blocage de l’interaction entre le RANK et son ligand inhibe la formation, la fonction et la survie des ostéoclastes, ce qui réduit la résorption osseuse.

Dans l’étude FREEDOM, 7 808 femmes âgées de 60 à 90 ans ont reçu soit un placebo soit 60 mg de dénosumab tous les 6 mois. Le dénosumab a réduit de manière significative versus placebo le risque des nouvelles fractures vertébrales, non vertébrales et de la hanche sur 3 ans. Les résultats au terme de 2 ans supplémentaires de traitement viennent d’être publiés (1).

Cette extension a concerné 4 550 femmes : 2 343 traitées 5 ans et 2207 traitées 2 ans.

La diminution du taux des marqueurs de résorption osseuse s’est poursuivie chez les femmes traitées pendant 5 ans par dénosumab et une réduction rapide de ces mêmes marqueurs a été observée dans le groupe « 2 ans ». La densité minérale osseuse a augmenté progressivement avec à 5 ans un gain de 13,7 % et 7,0 % respectivement au rachis et à la hanche totale dans le groupe « 5 ans » et de 7,7 % et 4 % dans le groupe « 2 ans ». L’efficacité antifracturaire s’est maintenue. Peu d’effets secondaires étaient à déplorer.

La valeur de la densité minérale osseuse (DMO) mesurée par absorptiométrie biphotonique à rayons X (DXA) est un puissant facteur prédictif du risque de fracture chez les malades non traitées. Toutefois, de nombreuses études suggèrent que les variations de la DMO sous traitement anti-ostéoporotique expliquent mal la réduction du risque de fracture.

La même équipe a donc analysé la pertinence des changements de la DMO en tant que facteur prédictif de la réduction du risque de fracture en utilisant les données de l'essai FREEDOM (2).

Sous dénosumab la DMO a augmenté significativement à la hanche totale de 3,2 %, 4,4 % et 5,0 % à 12, 24 et 36 mois, respectivement. La diminution du risque de nouvelles fractures vertébrales est de 68 % (p <0,0001) et de fractures non vertébrales de 20 % (p = 0,01) à 36 mois. Les modifications de la DMO totale à la hanche expliquent une part considérable de l'effet du dénosumab dans la réduction ou l’aggravation du risque de nouvelle fracture vertébrale et non vertébrale.

Ainsi, cinq ans de traitement par dénosumab chez les femmes souffrant d’ostéoporose post-ménopausique permet une réduction à long terme des facteurs de résorption osseuse, majore la DMO au rachis et à la hanche et diminue le risque fracturaire.

Il existe de plus un lien fort entre l'évolution de la DMO et l'effet du traitement par dénosumab sur le risque de fracture.

Dr Juliette Lasoudris-Laloux

Références
1) Papapoulos S : Five years of denosumab exposure in women with postmenopausal osteoporosis: Results from the first two years of the FREEDOM extension
J Bone Miner Res., 2011 ; publication avancée en ligne le 23 novembre. doi: 10.1002/jbmr.1479.
2) Austin M et coll. : Relationship between bone mineral density changes with denosumab treatment and risk reduction for vertebral and nonvertebral fractures. J Bone Miner Res., 2011 ; publication avancée en ligne le 16 novembre. doi: 10.1002/jbmr.1472.

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