EARLY, COMPASS et FUTURE, les nouveaux acronymes de l’hypertension artérielle pulmonaire

L’hypertension artérielle pulmonaire est une affection sérieuse qui mérite un traitement agressif, même lorsque les patients se présentent au stade II de la maladie (avec des symptômes modérés, à savoir un test de 6 minutes à la marche <80 % de la normale ou <500 mètres et associé à un index de dyspnée de Borg >2 points) selon les critères de l’OMS. Cette conclusion, apportée par l’étude EARLY (Endothelin Antagonist tRial in miLdlY symptomatic PAH patients) (1) est basée sur les données récoltées auprès de 185 patients qui ont reçu pendant 6 mois, soit du bosentan à la dose de 62,5 mg deux fois par jour pendant 4 semaines, puis à 125 mg deux fois par jour, soit un placebo.

Au terme de l’étude, les résultats présentés au cours de l’ESC par N. Galié (Bologne) ont montré que le bosentan permettait une réduction significative de la résistance vasculaire pulmonaire qui n’était que plus que de 83 % de sa valeur de départ, alors que dans le groupe placebo, elle atteignait 107 % de cette valeur (p<0,001). Ce qui se traduisait par une amélioration non significative du test à la marche (+11 mètres contre -8 mètres ; p=0,0758).

Le délai avant progression de la maladie a également été significativement réduit : le taux d’aggravation était en effet de 3 % après 24 semaines dans le groupe bosentan contre 11 % dans le groupe placebo, ce qui correspond à une réduction de 77 % du risque (p=0,014). Enfin, il est intéressant de constater que le profil de tolérance du bosentan été similaire à celui observé dans les études précédentes, avec notamment un taux d’élévation des transaminases >3 fois la normale dans 13 % des cas contre 2 % sous placebo.

Une autre étude, ouverte et non comparative, présentée par E. Gruenig (COMPASS-1) (2) a montré, de son côté, que l’association bosentan/sildénafil améliorait significativement la situation hémodynamique. La résistance vasculaire pulmonaire était diminuée de 15,2 % (p<0,0001) 60 minutes après l’administration de 25 mg de sildénafil chez des patients sous bosentan, au même titre que la résistance pulmonaire totale (diminution de -13,3 % ; p<0,001).

Enfin, si l’étude FUTURE (3), dirigée par M. Beghetti (Genève) a montré que la formulation pédiatrique du bosentan est bien tolérée avec le même profil de tolérance que la forme classique, il n’est pas sans intérêt de souligner les conclusions du registre français de l’HTAP (4) qui montre que la maladie est diagnostiquée généralement à un stade plus précoce chez l’enfant que chez l’adulte en France.

Dr Dominique-Jean Bouilliez

Références
1. Galié N et coll. : Bosentan improves hemodynamics and delays time to clinical worsening in patients with mildly symptomatic pulmonary arterial hypertension (PAH) : results of the EARLY study.

2. Gruenig E et coll. : Acute administration of sildenafil in patients with pulmonary arterial hypertension (PAH) treated with bosentan produced a significant hemodynamic response: results of the COMPASS-1 study.

3. Beghetti M et coll. : Pharmacokinetics and safety profile of a novel formulation of bosentan in children with pulmonary arterial hypertension (PAH) : FUTURE-1 study.
4. Godart F et coll. : A French registry of pulmonary arterial hypertension in children : baseline characteristics.

European Society of Cardiology (Vienne, Autriche) : 1-5 septembre 2007.

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