Effets de la rosuvastatine sur la régression de l’athérosclérose

L’athérosclérose est une maladie chronique qui se caractérise par une accumulation progressive de plaques au sein de la paroi artérielle. Les statines sont réputées pour leur efficacité thérapeutique dans l’hypercholestérolémie qui se traduit d’abord par une baisse importante des taux de LDL-cholestérol (LDL-C). Il semble que ces médicaments soient en outre capables de freiner la progression de l’athérosclérose, voire de l’inhiber, mais les résultats des études divergent quelque peu sur ce point, en fonction des critères d’évaluation.

Les informations obtenues grâce à l’échographie endovasculaire, qui donne un accès direct aux lésions athéromateuses, plaident en faveur de l’effet anti-athéromateux des statines, même s’il faut s’entourer de quelques précautions avant de conclure.

Une étude ouverte prospective, en l’occurrence ASTEROID (A Study to Evaluate the Effect of Rosuvastatin on Intravascular Ultrasound-Derived Coronary Atheroma Burden) a inclus 507 malades atteints d’une hypercholestérolémie essentielle traitée par la rosuvastatine qui est une statine puissante, à la dose de 40 mg/jour. Une échographie endovasculaire a été réalisée, à l’état basal, chez tous les participants, et répétée, 24 mois plus tard, chez 349 d’entre eux. Deux paramètres ont été systématiquement mesurés au niveau des coronaires : d’une part, le PAV (percent atheroma voluma), d’autre part, les variations du volume d’athérome au niveau d’un sous-segment vasculaire de 10 mm de hauteur caractérisé par les lésions les plus sévères. La lecture des images basales et tardives a été effectuée dans l’ignorance du contexte clinique.
 
Les taux du LDL-C ont diminué en moyenne de 53,2 % (p<0,001) entre le début et la fin de l’étude, tandis que ceux du HDL-C augmentaient de 14,7 % (p<0,001). Le PAV a été réduit en moyenne de 0,98+/-3,15 %. Au niveau du sous-segment artériel le plus lésé, la diminution du volume d’athérome a été de 6,1+/-10,1 mm3 (p<0,001). La charge athéromateuse totale a baissé en moyenne de 14,7 % (p<0,001).

Cette étude ouverte purement échographique suggère que la rosuvastatine est à même de faire régresser les lésions d’athérome coronaire, dès lors qu’elle est administrée au long cours (2 ans). La baisse du LDL-C est > 50 % et il est tentant d’établir un parallèle entre les résultats biologiques et échographiques.
Cependant, il s’agit d’une étude ouverte et le nombre de «perdus de vue» est de 158, ce qui, sur un effectif total de 507 représente … le coquet pourcentage de 31 %, ce qui est susceptible de limiter quelque peu la portée de ces observations.

Dr John Sorri

Référence
Nissen SE et coll. : “Effect of very high-intensity statin therapy on regression of coronary atherosclerosis.” The ASTEROID Trial. JAMA 2006; 295: 1556-1565.

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