Enfin une bi-thérapie efficace dans l’ostéoporose !

L’arsenal thérapeutique de l’ostéoporose s’est étoffé ces dernières années. Cependant, en dépit d’avancées majeures, aucun traitement ne permet de restaurer un os normal chez les sujets ostéoporotiques et les options thérapeutiques pour les malades ayant une ostéoporose sévère restent limitées.

Par ailleurs, les récentes études d’association d’anti-ostéoporotiques n’ont pas été probantes.

Dans ce travail, les auteurs ont souhaité évaluer l’association du tériparatide (hormone parathyroïdienne ayant un effet ostéoformateur) et du dénosumab (anticorps monoclonal inhibant la résorption osseuse).

Il s’agit d’une étude randomisée contrôlée prospective menée de septembre 2009 à janvier 2011.

Cent femmes ostéoporotiques, de plus de 45 ans, ont été randomisées (1/1/1) pour recevoir pendant 12 mois soit 20 µg /j de tériparatide, soit 60 mg de dénosumab tous les 6 mois, soit les 2. La densité osseuse (DMO) était évaluée par ostéodensitométrie à la hanche et au rachis à 0, 3, 6 et 12 mois.

Quatre-vingt-quatorze femmes ont été incluses dans l’analyse (6 perdues de vue).

Après 12 mois de traitement, la DMO au rachis était significativement augmentée dans tous les groupes mais l’augmentation était plus importante dans le groupe bi-thérapie que dans le groupe « tériparatide » (p=0,0139) ou que dans le groupe « dénosumab » (p= 0,0005).

L’augmentation de la DMO au rachis n’était pas statistiquement différente entre les groupes tériparatide ou dénosumab seul (p=0,5346).

La DMO au col était significativement plus élevée à 12 mois par rapport à l’entrée dans l’étude dans le groupe dénosumab et dans le groupe bi-thérapie (p=0,0034 et p <0,0001, respectivement) mais pas dans le groupe tériparatide (p=0,2929).

La DMO au col avait augmenté plus fortement dans le groupe bi-thérapie que dans le groupe dénosumab (p=0,0238) ou tériparatide (p=0,0007).

Les changements de la DMO au col n’étaient pas significativement différents entre les groupes tériparatide et dénosumab (p=0,1939).

La DMO à la hanche totale avait augmenté également à 12 mois dans le groupe dénosumab et bi-thérapie mais pas dans le groupe tériparatide (P=0,1599). Cette augmentation était plus forte dans le groupe bi-thérapie que dans le groupe dénosumab (p=0,0011) et dans le groupe tériparatide (p< 0,0001).

En conclusion, à 12 mois, un traitement combiné dénosumab-tériparatide fait mieux en termes d’augmentation de la DMO au col, à la hanche et au rachis qu’une monothérapie avec l’une ou l’autre de ces molécules.

Ces résultats sont très prometteurs. Il est dommage cependant que le design de l’étude n’ait pas permis d’évaluer les effets sur le risque de fractures.

Dr Juliette Lasoudris Laloux

Références
Tsai JN et coll. : Teriparatide and denosumab, alone or combined, in women
with postmenopausal osteoporosis: the DATA study
randomised trial. Lancet, 2013 ; publication avancée en ligne le 15 mai. doi: 10.1016/S0140-6736(13)60856-9.

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