Evolocumab et statines à forte dose pour atteindre les taux cibles de LDL-C en cas de SCA

En présence d’un syndrome coronaire aigu (SCA), les recommandations actuelles préconisent de prescrire de fortes posologies de statines dès la phase hospitalière ; mais il faut bien reconnaitre qu’en pratique, les taux cibles de LDL-C (low-density lipoprotein cholesterol) sont loin d’être souvent atteints.

Jusqu’alors, l’évolocumab, un anticorps qui abaisse rapidement le taux du LDL-C, en bloquant l’interaction entre la PCSK9 (proprotein convertase subtilisin/ kexin type 9) et les récepteurs des LDL, n’avait pas été étudié dans les SCA.

C’est la raison pour laquelle Koskinas et coll. ont tenté de déterminer la faisabilité et la sécurité de la prescription d’évolocumab dès la phase hospitalière d’un SCA, afin d’abaisser le taux du LDL-C.

Pour ce faire, ils ont mené EVOPACS (EVOlocumab for early reduction of LDL cholesterol levels in Patients with Acute Coronary Syndromes) étude randomisée, contrôlée vs placebo, conduite en double aveugle, auprès de 308 patients hospitalisés pour un SCA et qui avaient un taux élevé de LDL-C (à savoir ≥ 1,8 mmol/lsous de fortes doses de statines, ou ≥ 2,3 mmol/l sous des doses faibles ou moyennes de statines, ou ≥ 3,2 mmol/l sous des doses variables de statines).

Après randomisation 1 : 1, les patients ont reçu toutes les 4 semaines, par voie sous-cutanée (SC), en sus de 40 mg de statines, soit évolocumab 420 mg soit un placebo, administré pendant la phase hospitalière, puis à la 4e et 8e semaine suivant la sortie.

Le critère principal d’évaluation était le pourcentage de modification, du taux du LDL-C calculé, entre l’état basal et la 8e semaine.

LDL-C < 1,8 mmol/l à la 8e semaine pour plus de 95 % des patients sous évolocumab

La plupart des patients (78,2 %) n’étaient pas sous statines avant leur hospitalisation pour SCA.

Dans le groupe évolocumab, le taux moyen du LDL-C a diminué, à la 8e semaine, passant de 3,61 à 0,79 mmol/l ; cette diminution était supérieure à celle observée dans le groupe placebo dans lequel le taux moyen du LDL-C est passé de 3,42 à 2,06 mmol/l ; différence de taux moyen de LDL-C à la 8e semainepar rapport au taux basal : 40,7 % (intervalle de confiance 95 % : 45,2 à 36,2 ; p < 0,001).

Un taux de LDL-C <1,8 mmol/l a été obtenu, à la 8e semaine, chez 95,7 % des patients sous évolocumab vs 37,6 % des patients sous placebo.

Le taux des effets indésirables a été semblable dans les deux groupes.

En conclusion, ce premier grand essai randomisé à avoir évalué un anticorps de la PCSK9, à savoir l’évolocumab, administré par voie SC en sus de fortes doses de statines, à la phase hospitalière d’un SCA puis à la 4e et à la 8e semaines du suivi, montre que l’évolocumab a été bien toléré ; il a abaissé notablement les taux du LDL-C qui ont ainsi atteint les valeurs cibles préconisées par les recommandations internationaleschez > 95 % des patients. Il reste à déterminer si, une telle approche thérapeutique, est susceptible de réduire, à court, moyen et long terme, l’incidence des événements cardiovasculaires majeurs.

Dr Robert Haïat

Référence
Koskinas K C et coll. : Evolocumab for Early Reduction of LDL Cholesterol Levels in Patients With Acute Coronary Syndromes (EVOPACS). J Am Coll Cardiol., 2019;74:2452–62.

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions

Soyez le premier à réagir !

Les réactions aux articles sont réservées aux professionnels de santé inscrits
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.

Réagir à cet article