La capécitabine : un progrès dans la chimiothérapie adjuvante du cancer du côlon

Le traitement adjuvant du cancer du côlon au stade III (avec atteinte ganglionnaire) repose aujourd'hui sur des protocoles associant fluorouracile et leucovorine (5-FU + leucovorine) par voie intraveineuse. Plusieurs schémas thérapeutiques sont possibles, utilisant le fluorouracile en bolus ou en perfusion continue, mais tous allongent significativement la survie qui approche 80 % à 4 ans contre 50 à 60 % sans traitement adjuvant.

La capécitabine, de la famille des fluoropyrimidines, est une prodrogue active par voie orale qui, après trois interventions enzymatiques, se transforme en fluorouracile, de façon préférentielle dans le tissu tumoral. Cette nouvelle chimiothérapie, plus facile à administrer et mieux tolérée que le fluorouracile intraveineux, a démontré une efficacité comparable au traitement standard dans le cancer du côlon métastasé.

Il était donc logique d'évaluer son efficacité en chimiothérapie adjuvante.

1987 malades opérés d'un cancer du côlon au stade III ont été randomisés en un groupe recevant de la capécitabine par voie orale deux fois par jour à la dose de 1250 mg/m2, sur 8 cycles de 3 semaines (comportant chacun une semaine d'arrêt) et un groupe recevant une chimiothérapie standard par 5-FU + leucovorine en bolus en 6 cycles (5 jours tous les 28 jours).

La survie à 3 ans sans récidive a été de 64,2 % dans le groupe capécitabine et de 60,6 % dans le groupe 5-FU + leucovorine et la survie globale de 80 % contre 77 % avec le traitement standard. Ainsi en terme de survie sans récidive, la capécitabine s'est révélée au moins équivalente au 5-FU + leucovorine (p<0,001) avec même une tendance à la supériorité (p=0,12).

Sur le plan de la tolérance, la capécitabine a été supérieure au protocole standard avec significativement moins d'effets secondaires de grade 3 ou 4 (p<0,001).

En pratique, dans le traitement adjuvant du cancer du côlon, la capécitabine doit être considérée comme une alternative à envisager systématiquement au 5-FU en monothérapie. La question de savoir si ce traitement peut se substituer au 5-FU dans les nouveaux protocoles de chimiothérapie adjuvante associant oxaliplatine et 5-FU (qui donnent de meilleurs résultats que la monothérapie par 5-FU) ne pourra être résolue que par de nouveaux essais cliniques. Il en est de même du rôle éventuel de la capécitabine en traitement adjuvant dans les stades II.

Dr Nicolas Chabert


Twelves C et coll. : « Capecitabine as adjuvant treatment for stage III colon cancer. » N Engl J Med 2005; 352: 2696-704. © Copyright 2005 http://www.jim.fr

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