La rasagiline dans les fluctuations motrices du Parkinson

La plupart des patients souffrant d'une maladie de Parkinson traitée par la lévodopa présentent des périodes de fluctuations motrices (effet on-off). Pour lutter contre ce phénomène très invalidant on dispose d'un certain nombre de molécules prescrites en association à la lévodopa qui agissent à différents niveaux comme le pergolide, le pramipexole, la ropinirole, l'entacapone ou la tolcapone. Cependant, ces thérapeutiques sont inconstamment et incomplètement efficaces et nécessitent des ajustements posologiques parfois délicats.

Le mesylate de rasigiline est un inhibiteur irréversible de seconde génération de la monoamine oxydase B qui a déjà fait la preuve de son efficacité dans la maladie de Parkinson débutante en monothérapie et dans les formes évoluées de l'affection en association à d'autres thérapeutiques.

L'étude LARGO (pour Lasting effect in Adjunct therapy with Rasigiline Given Once daily) est un essai multicentrique international randomisé en double aveugle destiné à évaluer l'intérêt de la rasigiline dans le traitement de l'effet on-off.

Six cent quatre vingt-sept parkinsoniens sous levodopa présentant des phénomènes de fluctuations motrices ont été inclus dans l'étude et randomisés en 3 traitements pris pendant 18 semaines:
1) Levodopa + entacapone, 200 mg avec chaque prise de dopa ;
2) Levodopa + rasagiline, 1 mg/j
3) Levodopa + placebo.

Sur les 599 malades qui ont terminé l'essai, une diminution significative de la durée des périodes off par rapport au groupe placebo a été constatée avec les deux traitements actifs : -1,18 heures avec la rasagiline, -1,2 h avec l'entacapone et - 0,4 h sous placebo (p=0,0001 pour la rasagiline et <0,0001 pour l'entacapone). De même, les deux traitements actifs ont augmenté la durée des périodes sans dyskinésie.
Les deux produits ont également amélioré significativement les échelles d'évaluation globale de la maladie (CGI, UPDRS), de façon plus nette pour la rasagiline que pour l'entacapone.

La fréquence des effets secondaires dopaminergiques a été équivalente avec les deux produits actifs. Les arrêts de traitement pour intolérance ont concerné 10 % des patients sous rasagiline, 13 % des malades sous entacapone et 15 % des sujets sous placebo.

La rasagiline est donc un traitement ayant une efficacité équivalente à l'entacapone dans les fluctuations motrices du parkinsonien sous lévodopa. Elle a de plus l'avantage très important pour ces patients souvent âgés et poly-médicamentés, d'être bien tolérée et de ne nécessiter qu'une seule prise quotidienne sans recourir à des ajustements posologiques.

Dr Nicolas Chabert


Rascol O et coll. : " Rasagiline as an adjunct to levodopa in patients with Parkinson's disease and motor fluctuations (LARGO, Lasting effect in Adjunct therapy with Rasigiline Given Once daily, study) : a randomised, double-blind, parallel-group trial." Lancet 2005; 365: 947-54. © Copyright 2005 http://www.jim.fr

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