Le raloxifène diminue le risque de cancer du sein sans modifier celui de cardiopathie ischémique

Dans l’essai expérimental multicentrique international RUTH - Raloxifene Use for The Hearth -, 10 101 femmes ménopausées, âgées de 67 ans et demi en moyenne, souffrant de pathologie ischémique coronarienne ou présentant de multiples facteurs de risque pour cette maladie (tabagisme, HTA, dyslipidémie, diabète, etc.) ont reçu après randomisation 60 mg/j de raloxifène - modulateur sélectif des récepteurs aux oestrogènes - ou un placebo pendant une durée moyenne de 5,6 ans.

En intention de traiter, le risque d’insuffisance coronarienne inaugurale restait comparable entre les deux groupes avec un risque relatif (RR) à 0,95 (IC95 % 0,84-1,07) tandis que l’on observait une réduction des risques de cancers du sein invasifs (RR 0,56 IC95 % 0,38-0,83) et des fractures vertébrales (RR 0,65 IC95 % 0,47-0,89). A contrario, les fréquences des AVC mortels et des pathologies thrombo-emboliques veineuses étaient majorées sous raloxifène avec des RR, respectivement, à 1,49 (IC95 % 1-2,24) et 1,44 (IC95 % 1,06-1,95).

La prise de raloxifène n’exerce pas d’influence sur le risque de survenue de cardiopathies ischémiques. Le bénéfice médical au niveau du cancer du sein et des fractures vertébrales est à mettre en balance avec la majoration du risque d’AVC mortels et de thrombo-embolies veineuses pouvant survenir dans, à peu près, les mêmes proportions.

Cette conclusion est en accord avec les données déjà disponibles issues d’autres expérimentations comme l’essai MORE ou STAR aussi bien pour le risque coronarien que pour celui de cancer du sein.

Dr Jean-Michel Brideron

Référence
Barrett-Connor E et coll. « Effects of Raloxifene on Cardiovascular Events and Breast Cancer in Postmenopausal Women » N Engl J Med 2006 ; 355 : 125-37

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions

Soyez le premier à réagir !

Les réactions aux articles sont réservées aux professionnels de santé inscrits
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.

Réagir à cet article