Le tofacitinib peut-être un nouveau traitement de la polyarthrite rhumatoïde

Le tofacitinib (tof), molécule orale qui inhibe de façon sélective les janus kinase (JAKs, principalement JAK 1 et 3) est à l'étude en tant que thérapeutique immunomodulatrice ciblée de la polyarthrite rhumatoïde (PR). Les JAKs sont impliquées dans plusieurs voies de signalisation responsables de la prolifération et la fonction lymphocytaire.

Cette étude clinique randomisée de phase 3 avait pour but de comparer l'efficacité du tof à celle d’un placebo et d’un anti TNF, l’adalimumab. Les malades traités et en échec du méthotrexate ont été randomisés pour recevoir, soit 5 mg de tof 2 fois par jour, soit 10 mg de tof 2 fois/jour, soit 40 mg d'adalimumab (ada) tous les 15 jours, soit un placebo pendant 3 ou 6 mois, suivi de 5 mg de tof 2 fois/jour, soit un placebo pendant 3 ou 6 mois, suivi de 10 mg de tof 2 fois/jour. Les malades des groupes placebo qui n'avaient pas une réduction de 20 % du nombre d'articulations gonflées ou douloureuses à 3 mois étaient de nouveau randomisés pour recevoir 5 ou 10 mg de tof. A 6 mois, tous les malades des groupes placebo recevaient 5 ou 10 mg de tof. Les 3 principaux critères d’efficacité évalués étaient le pourcentage de malades à 6 mois qui remplissaient les critères ACR 20, la variation moyenne à 3 mois par rapport au départ, du score HAQ (Health Assessment Questionnaire) et le pourcentage de malades qui avaient un DAS 28-VS  inférieur à 2,6 à 6 mois.

Au total, 556 malades ont été analysés. Un pourcentage significativement plus élevé de patients recevant un traitement actif par rapport à ceux recevant le placebo répondaient aux critères d'une réponse ACR 20 à 6 mois : 51,5 % dans le groupe 5 mg tof, 52,6 % dans le groupe à 10 mg tof, et 47,2 % dans le groupe 40-mg ada, versus 28,3 % dans le groupe placebo (P <0,001 pour toutes les comparaisons). L’évolution du score HAQ à 3 mois et le pourcentage de patients avec DAS28-VS inférieur à 2,6 à 6 mois étaient significativement meilleurs avec les traitements actifs qu’avec le placebo.

Ces résultats se sont maintenus sur 12 mois. L’efficacité des traitements actifs a été manifeste dès 1 mois. Les événements indésirables (infections respiratoires, urinaires, neutropénie) sont survenus plus fréquemment avec tof qu'avec le placebo et le traitement par tof s’est accompagné de modifications biologiques, telles qu’augmentation des taux de LDL et HDL, baisse initiale des neutrophiles, élévation de la créatininémie.

En conclusion, chez les malades atteints de PR ayant eu une réponse incomplète au méthotrexate, l'efficacité de 5 mg ou 10 mg de tofacitinib deux fois/j s’est avérée significativement supérieure à celle du placebo et similaire à celle de l'adalimumab. Les malades inclus dans ce travail sont toujours sous traitement dans le cadre d’une extension d’étude qui permettra de mieux évaluer la sécurité à long terme du tof avant de lui attribuer une place dans l’arsenal thérapeutique de la PR.

Dr Juliette Lasoudris Laloux

Références
van Vollenhoven R F et coll. : Tofacitinib or Adalimumab versus Placebo in Rheumatoid Arthritis. N Engl J Med., 2012; 367: 508-19.
Fox DA : Kinase Inhibition — A New Approach to the Treatment
of Rheumatoid Arthritis. N Engl J Med ., 2012; 367: 565-7.

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions

Soyez le premier à réagir !

Les réactions aux articles sont réservées aux professionnels de santé inscrits
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.

Réagir à cet article