Micafungine contre amphotéricine B liposomique dans les candidoses invasives

L’incidence croissante des candidoses invasives chez les malades gravement atteints a conduit au développement de nombreuses molécules antifungiques. Cependant, les traitements au long cours avec ce type de médicaments entraînent souvent des complications dues soit à la toxicité rénale pour l’amphotéricine B, soit à la limitation du spectre d’activité pour le fluconazole. Une solution partielle à ces problèmes, limitant l’emploi des antifungiques, semble avoir été apportée par l’amphotéricine B liposomique d’une part et la micafungine (echinocandins) d’autre part.

Un essai multinational, de phase III, en double aveugle comparant l’activité de la micafungine (100 mg/j) et celle de l’amphotéricine B liposomique (3mg/kg/j.) dans le traitement de première ligne pour les candidémies et les candidoses invasives, vient d’être publié. L’objectif primaire était le succès clinique et mycologique à la fin du traitement. Cent quatre-vingt-dix patients dans le groupe amphotéricine B liposomique (ABL) et 202 dans le groupe micafungine (M) répondaient aux critères d’inclusion du protocole. L’âge moyen dans les deux groupes était sensiblement comparable, 54,5 ans pour le groupe M et 56 pour le groupe ABL. La neutropénie, définie par un chiffre <500 cellules/mL, était retrouvée chez 13 % des patients M et 10 % de ceux du groupe ABL. Un score APACHE II (Acute Physiology and Chronic Health Evaluation) >20 a été retrouvé chez 28 % des malades M et 24 % pour les ABL. Les pathologies les plus souvent rencontrées étaient les affections hématologiques (19 %/M, 13 %/ABL) et les tumeurs solides (14 %/M, 20 %/ABL). Le traitement a été administré pendant au minimum 2 semaines et au maximum 4, excepté pour certains patients porteurs d’une candidose généralisée chronique, d’une ostémyélite ou d’une endocardite à Candida pour lesquels l’essai a été poursuivi jusqu’à 8 semaines.

Les résultats se sont avérés très équilibrés puisque le succès thérapeutique a été obtenu chez 89,6 % patients sous M et 89,5 % pour les malades ABL. Il y a eu moins d’incidents liés au traitement dans le groupe M que dans le groupe ABL (par exemple, pour la néphrotoxicité, 1 arrêt de traitement dans le groupe M contre 8 dans le groupe ABL). Les auteurs concluent  logiquement à l’efficacité comparable des deux molécules en soulignant la meilleure tolérance de la micafungine.

Dr Gérard Mégret

Référence
Kuse ER et coll. : “Micafungin versus liposomal amphotericin B for candidaemia and invasive candidosis: a phase III randomized double-blind trial.” Lancet 2007 ; 369 : 1519-1527.

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