Peut-être de nouvelles perspectives dans la prise en charge des démences sévères avec la galantamine ?

Les inhibiteurs de l’acétylcholinestérase (IACE) sont largement utilisés dans la maladie d’Alzheimer à un stade léger à modérément sévère. Par contre, aucun produit de cette classe n’a actuellement l’AMM dans la démence sévère (MMS<10). Pourtant, la majorité des praticiens considèrent que ces médicaments ont leur place aux stades évolués de la maladie.

Un produit anti-Alzheimer est considéré comme efficace s’il entraîne une amélioration durable des performances cognitives, de l’impression clinique globale et des activités de la vie quotidienne et au mieux des troubles psycho-comportementaux. Plusieurs études ont montré un effet positif du donépézil dans la démence sévère mais ces données ont été considérées comme insuffisantes pour modifier l’AMM.

La galantamine est un IACE réversible possédant une action sur les récepteurs nicotiniques. Des résultats préliminaires avaient suggéré son intérêt dans la démence sévère. L’étude SERAD est un essai  randomisé  contre placebo dont les résultats, qui viennent d’être publiés dans Lancet Neurology, ouvrent de nouvelles perspectives.

Quatre cent sept patients âgés en moyenne de 84 ans vivant en institution et avec une démence sévère (5<MMS<12) ont  été traités pendant 6 mois soit par placebo soit par galantamine à 24 mg/j. L’évaluation cognitive a été faite avec la Severe Impairment Battery et celle des ADL (activities of daily living) avec  une nouvelle échelle, la seven-item minimum data set-activities of daily living (MDS-ADL). Une amélioration significative de la cognition a été retrouvée dans le groupe traité : augmentation de 1,9 points (IC 95 % : –0,1 à 3,9) avec la galantamine  et diminution de 3,0 points (–5,6 à –0,5) avec le placebo. Par contre, l’amélioration des activités de la vie quotidienne avec l’échelle MDS-ADL n’a pas été significative : diminution de1,2 points (0,6 à 1,8) dans le groupe traité versus diminution de 1,6 (0,8 à 2,3) points dans le groupe placebo. Quatre pour cent des malades du groupe traité par  galantamine et 21% de ceux du groupe placebo sont décédés pendant l'essai.

Dans leur discussion, les auteurs mettent en avant l’intérêt d’avoir réalisé l’étude dans différents pays afin de diminuer l’impact des différentes pratiques. Ils regrettent le choix de la MDS-ADL qui est une échelle peu sensible au changement. Au total,  cette étude démontre  la sécurité du produit à un stade évolué de la pathologie et est un argument supplémentaire pour le maintien des traitements anticholinestérasiques à un stade sévère malgré l'absence d'effet sur les activités de la vie quotidienne.

Dr Christian Geny

Référence
Burns A et coll. : Safety and efficacy of galantamine (Reminyl) in severe Alzheimer’s disease (the SERAD study): a randomised, placebo-controlled, double-blind trial. Lancet Neurology 2008, publication avancée en ligne le 1er décembre

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Vos réactions (2)

  • C'est pourtant simple...

    Le 20 décembre 2008

    Quand un patient a de la fièvre et que le thermomètre s'évertue à chaque fois à le démontrer... Rien de plus simple, changer d'appareil !!! C'est, en schématisant un peu, ce qui a été utilisé dans cette étude en utilisant « une "scale" maison » plutôt que le M. M. S....

    Dr Claude Lamy, 85

  • Etude serad

    Le 30 décembre 2008

    Je signale concernant cette étude que :
    1/ la repartition groupe traité et groupe placebo n'est pas mentionnée.
    2/ 24 mg par jour est un dosage élevé (hors AMM).
    3/ les effets indésirables n'ont pas ete mentionnés.

    Dr Hatem Briki (Tunis)

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