Syndrome métabolique : les enseignements de TNT

L’étude TNT (pour Treating to New Targets), publiée en 2005 dans le New England Journal of Medicine, a été la première à démontrer qu’un traitement intensif par statines (en l’occurrence 80 mg d’atorvastatine/j) abaissant le LDL-cholestérol autour de 0,70 g/L, chez des sujets en prévention secondaire post-infarctus ayant un LDL-C de base au dessous de 1,30 g/L, diminuait significativement le risque d’événements coronariens majeurs par rapport à un traitement « standard » par 10 mg d’atorvastatine/j ramenant le LDL-C autour de 1g/L.

Les investigateurs de TNT publient aujourd’hui les résultats obtenus sur le sous groupe de 5 584 sujets inclus dans TNT qui présentaient à l’admission dans l’essai un syndrome métabolique. Celui-ci était défini selon les critères du NCEP ATP III qui nécessitent schématiquement la présence d’au moins trois des facteurs de risque suivant : hypertension, augmentation de la glycémie, hypertriglycéridémie, HDL-C bas et accroissement du tour de taille.

La durée médiane de la surveillance a été de 4,9 ans.

Le syndrome métabolique accroît le risque en post-infarctus


Ce travail a tout d’abord permis de confirmer la valeur péjorative du syndrome métabolique chez le coronarien, puisque, indépendamment du traitement reçu, la fréquence des événements cardiovasculaires majeurs était plus élevée chez les sujets ayant un syndrome métabolique (11,3 %) que chez les patients en étant exempts (8 % ; p<0,0001).

Une diminution du risque de 29 % sous traitement intensif 


Cette analyse a surtout démontré que comme sur l’ensemble de la population, chez les sujets atteints d’un syndrome métabolique, le traitement intensif par 80 mg d’atorvastatine/j était supérieur au traitement standard par 10 mg d’atorvastatine/j. A 3 mois, les sujets du groupe 80 mg d’atorvastatine avaient un LDL-C moyen à 0,726 g/L contre 0,993 g/L dans le groupe traitement standard. Cette baisse du LDL-C s’est traduite par une diminution significative de la fréquence des événements cardiovasculaires majeurs (9,5 % contre 13 % soit une réduction du risque relatif de 29 % avec un intervalle de confiance à 95 % entre – 16 et – 39 % ; p<0,0001). Fait important, le bénéfice conféré par le traitement intensif était indépendant de la présence d’un diabète. 

Il faut cependant signaler que, comme pour l’ensemble de la population de TNT, aucune diminution significative de la mortalité globale n’a été constatée sous traitement intensif (6,2 % contre 6,3 % sous traitement standard).

Ce travail conforte donc la position des sociétés savantes américaines et britanniques qui recommandent respectivement un objectif de LDL-C de 0,70 ou 0,80 g/L en prévention secondaire post-infarctus contrairement à celle des autorités sanitaires françaises qui fixent toujours le seuil d’intervention à 1g/L.

Cet objectif bas paraît plus souhaitable encore lorsque les patients souffrent d’un syndrome métabolique (avec ou sans diabète).

Dr Céline Dupin

Référence
Deedwania P et coll. : « Reduction of low-density lipoprotein cholesterol in patients with coronary heart disease and metabolic syndrome : analysis of the Treating to New Targets study. » Lancet 2006; 368: 919-28.

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Vos réactions (2)

  • "Syndrome métabolique : les enseignements de TNT "

    Le 13 septembre 2006

    Quel est le taux d'effets secondaires et d'arrêt de traitement dans les deux groupes ?
    Rebeca Dumoulin

  • "Syndrome métabolique : les enseignements de TNT "

    Le 13 septembre 2006

    5,4 % des patients du groupe atorvastatine 10 mg ont interrompu leur traitement en raison d'un effet secondaire contre 6,4 % dans le groupe atorvastatine 80 mg. Aucun malade n'a présenté d'élévation persistante des CPK.

    Dr Céline Dupin

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