Tesofensine : quel avenir dans le traitement pharmacologique de l’obésité ?

Le jour même où la commercialisation du rimonabant était suspendue en Europe, le Lancet publiait en ligne les résultats d’une étude de phase II avec un nouveau médicament destiné au traitement de l’obésité : la tesofensine.

Ce produit est un inhibiteur de la recapture présynaptique de la noradrénaline, de la dopamine et de la sérotonine qui a montré des résultats encourageants dans les premiers essais cliniques. 

Ce travail multicentrique randomisé en double aveugle a été conduit sur 203 obèses ayant un index de masse corporelle (IMC) compris entre 30 et 40 kg/m2. Cent soixante et un sujets ont terminé l’étude qui comportait 4 groupes traités pendant 24 semaines par régime seul plus placebo (contrôle), 0,25 mg, 0,50 mg ou 1 mg/j de tesofensine associé au régime.

Jusqu’à 10 % du poids du corps

Les résultats confirment l’efficacité du produit avec une perte de poids du corps passant de 2 % dans le groupe contrôle à 4,5 %, 9,2 % et 10,6 % sous respectivement 0,25 mg, 0,5 mg et 1 mg de tesofensine (p<0,0001 pour les 3 comparaisons avec le placebo). Dans le même temps le pourcentage de patients ayant perdu plus de 10 kg est passé de 7 % dans le groupe contrôle à 35 %, 53 % et 74 % dans les groupes 0,25 mg, 0,5 mg et 1 mg de tesofensine. Même à la plus petite dose testée, la tesofensine paraît donc avoir une efficacité comparable à celle des produits commercialisés aujourd’hui dans cette indication.

Quid de la tolérance ?

La question posée, comme avec tous les traitements pharmacologiques proposés dans l’obésité ces dernières années, est bien évidemment celle de la tolérance. 

Sur ce point, il faut noter parmi les effets secondaires plus fréquents sous produit actif que sous placebo : les nausées, les vomissements, les sensations de sécheresse buccale, la constipation ou les diarrhées et les insomnies. De plus la pression artérielle a été significativement augmentée avec la posologie de 1 mg/jour et la fréquence cardiaque avec les posologies de 0,5 et 1 mg/j.

En pratique, avant d’envisager une mise sur le marché de la tesofensine, il est donc indispensable d’étudier sur des populations plus importantes et de façon plus prolongée la tolérance de ce nouveau produit indiscutablement efficace. Il apparaît d’ores et déjà que les posologies les plus élevées (1 mg/j) ne seront pas conseillées si le produit obtenait son AMM (risque d’HTA, insomnie dans 26,5 % des cas, troubles de l’humeur dans 14,3 % des observations…).

Le traitement pharmacologique idéal de l’obésité reste bien à mettre au point ...

Dr Nicolas Chabert

Référence
Astrup A et coll. : Effect of tesofensine on bodyweight loss, body composition, and quality of life in obese patients : a randomised, double-blind, placebo-controlled trial. Lancet 2008; publication avancée en ligne le 23 octobre 2008 (DOI:10.1016/S0140-6736(08)61525-1).

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