Thérapie antirétrovirale et risque de la transmission materno-fœtale du VIH : de nouvelles données

La transmission materno-fœtale (TMF) du VIH est aujourd'hui la principale cause de contamination de l'enfant. Les différents facteurs de risque de TMF sont un déficit immunitaire important de la mère (un taux de CD4 au dessous de 500 cellules/ml), l’utilisation au cours de la grossesse de procédures invasives, la rupture prématurée des membranes et un prolongement du temps de travail. La prévention par thérapies antivirales et la suppression de l'allaitement maternel réduisent le risque de TMF, mais on ne peut jamais garantir la non-contamination de l’enfant.

Une étude prospective analyse l’influence de la thérapie antirétrovirale hautement active (HAART) sur le risque de la transmission périnatale du VIH. Cinq cents femmes enceintes VIH positives ont été identifiées pendant la période 1984-2006 et 489 paires mère-enfant ont été incluses dans cette étude. L’allaitement maternel n’a été pratiqué par aucune des participantes.

Le taux global de la transmission périnatale du VIH entre 1984 et 2006 était de 10,2 %. Ce taux était de 16,9 % avant 1997 et de 2,6 % après cette année. Seulement 27 % des femmes avaient eu un traitement antiviral avant 1997 par mono/bithérapie (aucun traitement par HAART) comparativement aux 91 % des femmes après 1997, dont 77 % avaient eu un traitement par HAART et 33 % par mono/bithérapie.

Après 2002, seule la thérapie par HAART a été utilisée et 96 % des femmes traitées pendant la grossesse ont reçu un traitement antiviral pendant l’accouchement. Le risque de TMF a diminué significativement avec l’utilisation des traitements antiviraux : de 18,2 % sans traitement à 8,6 % avec une mono/bithérapie et à 0,6 % avec un traitement par HAART.
 
Les résultats de cette étude montrent que la thérapie antirétrovirale hautement active (HAART) diminue significativement les risques de TMF. Toutefois, certaines études ont observé une association entre le traitement par HAART et l’accouchement prématuré, le faible poids à la naissance et une augmentation de morts in utero. D’autres études évaluant les risques et les bénéfices de ce traitement sont en cours.
 
En conclusion, le développement des thérapies HAART a changé radicalement l’évolution et le suivi des femmes enceintes HIV positives, en réduisant les risques de TMF. Il est même permis d’espérer une disparition de ces risques.

Dr Viola Polena

Référence
Garcia-Tejedor A et coll. : Influence of highly active antiretroviral treatment (HAART) on risk factors for vertical HIV transmission. Acta Obstet Gynecol Scand 2009 ; 88 (8) : 882-7.

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