Un spray nasal pour arrêter les TSV !

Actuellement, on ne dispose d’aucun médicament d’action rapide, auto-administrable par voie non-parentérale qui permette d’interrompre rapidement un accès de tachycardie supraventriculaire (TSV) paroxystique sans être obligés d‘avoir recours à une structure médicale.

L’étripamil (Milestone Pharmaceuticals, Montreal St.-Laurent, Quebec, Canada) est un puissant inhibiteur calcique d’action rapide et de demi-vie courte (environ 20 minutes), conçu pour être auto-administré par voie nasale par les patients présentant des accès itératifs de TSV. Comme tous les inhibiteurs calciques qui ne sont pas de la famille des dihydropyridines, l’étripamil ralentit la conduction dans le nœud atrio-ventriculaire et allonge sa période réfractaire en inhibant l’influx cellulaire des ions calciques à travers les canaux calciques lents.

Stambler et coll. ont voulu évaluer l’efficacité de ce spray dans une étude de phase 2. Elle a été réalisée lors de l’exploration électrophysiologique effectuée chez des patients qui avaient déjà présenté des accès de TSV documentés.

La TSV était induite avant d’être ablatée par cathéter.

Disparition des TSV en moins de 3 minutes dans plus de deux tiers des cas

Les patients dont la TSV ainsi induite persistait pendant 5 minutes recevaient soit un placebo, soit une des 4 doses pré-établies d’étripamil, à savoir 35, 70, 105, ou 140 mg. Le critère principal était le taux de réduction de la TSV dans les 15 minutes suivant l’administration de l’inhibiteur calcique et les critères secondaires étaient le temps écoulé jusqu’au retour du rythme normal et effets secondaires.

L’étude a porté sur 104 patients. Le taux de conversion de la TSV en rythme sinusal a varié entre 65 % et 95 % dans le groupe spray nasal d’étripamil vs 35 % dans le groupe placebo; les différences étaient statistiquement significatives (test chi² de Pearson) vs placebo pour les 3 posologies les plus élevées d’étripamil. Le cas échéant, la conversion de la TSV par l’étripamil se faisait en moins de 3 minutes.

La plupart des effets adverses étaient liés à la voie d’administration nasale ou à une irritation locale. Une diminution de la pression artérielle a surtout été notée pour les posologies d’étripamil les plus élevées.

Ainsi, dans un pourcentage élevé de cas, le spray nasal d’étripamil a mis rapidement un terme à des accès de TSV induits. La sécurité d’emploi et l’efficacité de ce traitement ouvrent la voie à de nouvelles études qui préciseront la posologie adéquate à administrer et seront menées dans le monde réel afin que que les patients puissent eux-mêmes venir à bout de leurs accès de TSV grâce à l’administration nasale de ce nouvel inhibiteur calcique.

Dr Robert Haïat

Référence
Stambler BS et coll. : Etripamil Nasal Spray for Rapid Conversion of SupraventricularTachycardia to Sinus Rhythm. J Am CollCardiol 2018;72:489–97.

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