Une alternative pour le traitement de la psychose associée à la maladie de Parkinson

Un essai de phase 3 met en évidence l'efficacité anti psychotique et la sécurité de la pimavansérine (PIM) chez les malades parkinsoniens avec troubles psychotiques.

La PIM est un agoniste inverse sélectif du récepteur de la sérotonine 5-HT2A, sans effet dopaminergique, adrénergique, histaminergique ou muscarinique. Cette étude menée sur 6 semaines était randomisée, en double aveugle et contrôlée. Entre août 2010 et août 2012, 199 malades parkinsoniens âgés de 40 ans ou plus, atteints de psychose, recrutés dans 52 centres aux USA et au Canada ont été inclus puis, après une phase préparatoire non pharmacologique de 2 semaines, randomisés pour recevoir soit la PIM (n=105 ; 40 mg/jour) soit un placebo (n=94).
Les évaluations étaient réalisées au départ, à J15, J29 puis J43.

Le critère d'évaluation principal était le changement du score SAPS-PD (Parkinson’s disease-adapted scale for assessment of positive symptoms) entre J0 et J43. Par rapport aux témoins, les malades traités ont eu une amélioration significative du score SAPS-PD (-5,79 vs -2,73 pour le placebo p=0,001), correspondant à une amélioration de 37 % du score dans le groupe sous traitement versus 14 % dans le groupe placebo (p= 0,0006).
Le traitement par PIM a eu également un effet bénéfique significatif sur les symptômes parkinsoniens évalués par l'échelle « «Unified Parkinson's Disease Rating Scale, » (-1,69 groupe PIM vs -1,40 groupe placebo : IC 95 % -2,14 à -2,72), sur le score à l’échelle d'impression clinique globale ainsi que sur la qualité du sommeil nocturne, l'éveil diurne et l’importance du « fardeau » de l'aidant.

Les effets secondaires les plus fréquents ont été les infections du tractus urinaire (11,7 % sous placebo vs 13,5 % sous PIM), les chutes (8,5 % sous placebo vs 10,6 % sous PIM) et les nausées (6 % dans les deux groupes).
Une augmentation de 7,3 ms de l'intervalle QT entre la valeur de base et J43 a été constatée dans le groupe PIM sans événement clinique associé.
Plus de la moitié des patients atteints de la maladie de Parkinson développent des troubles psychotiques à type d'hallucinations et délires au cours de l'évolution de leur maladie. Actuellement peu d'options thérapeutiques existent. Les auteurs de ce travail proposent la PIM comme alternative efficace et sécuritaire dans le traitement des troubles psychotiques associés au Parkinson.

Dr Juliette Lasoudris Laloux

Références
Cummings J et coll. : Pimavanserin for patients with Parkinson’s disease psychosis : a randomised, placebo-controlled phase 3 trial. Lancet, 2013; publication avancée en ligne le 31 octobre. doi: 10.1016/S0140-6736(13)62106-6.
Fox SH : Pimavanserin as treatment for Parkinson’s disease psychosis (editorial). Lancet, 2013; publication avancée en ligne le 31 octobre. doi: 10.1016/S0140-6736(13)62106-6.

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