WHI, trois ans après l’arrêt du traitement hormonal substitutif

L’étude WHI (Women’s Health Initiative) est un essai randomisé de grande envergure, mené à double insu contre placebo, dans lequel ont été incluses 16 608 femmes ménopausées, âgées de 50 à 79 ans. Dans le groupe traité, a été administré un THS, combinant estrogènes équins conjugués (0,625 mg/jour) et acétate de médroxyprogestérone (2,5 mg/jour). La période d’inclusion s’est étalée entre 1993 et 1998. Cet essai a été interrompu précocement, soit  au terme de 5,6 années (valeur médiane), essentiellement devant une augmentation significative du risque de cancer du sein et d’évènements cardiovasculaires chez les femmes sous THS, ce qui a effectivement conduit à une détérioration significative du rapport bénéfices/risques.

Une étude post-interventionnelle a été réalisée au cours des trois années (en moyenne, 2,4 années)  qui ont suivi la fin prématurée de l’étude. Elle a débuté le 8 juillet 2002 et a inclus 15 730 femmes issues de la cohorte initiale.  Le risque d’évènements cardiovasculaires après l’intervention thérapeutique a été estimé à 1,97 % (taux annualisé) dans le groupe traité (343 évènements), versus 1,91 % dans le groupe placebo (323 évènements).

Le risque de pathologies malignes s’est avéré un peu plus élevé dans le groupe traité, soit 1,56 % (n=281), versus 1,26 % (n=218) dans le groupe placebo, ce qui a conduit à un risque relatif (RR) de 1,24. Le diagnostic de cancer du sein a été posé plus fréquemment dans le groupe exposé au THS, soit 0,42 %, versus 0,33 % dans le groupe placebo, soit un RR de 1,27. Il en a été de même pour la mortalité globale, soit 1,20 % vs 1,06 %, dans les deux groupes précédents, le RR correspondant étant de 1,15.

Ces résultats confirment les données de la phase interventionnelle,  l’index global prenant en compte risques et bénéfices restant mauvais dans le groupe traité (RR, 1,12 versus placebo). En tout état de cause, ils n’incitent pas à la prescription d’un THS chez la femme ménopausée, à moins qu’il ne persiste une demande, après information médicale explicite du rapport bénéfices/risques.

Dr John Sorri

Références
Heiss G et coll. : Health risks and benefits 3 years after stopping randomized treatment with estrogen and progestin. JAMA 2008; 299: 1036-1045.

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Vos réactions (4)

  • THS

    Le 08 avril 2008

    Oserais je me souvenir qu'à une certaine époque, les incitations à traiter étaient fortes, y compris pour des questions de confort basique, et les articles des "grands gynécologues" du pays nous poussaient à prescrire, non de non! Quand même un ptit peu...non?
    Doit on comprendre qu'une fois de plus, l'industrie usait de charmes douteux mais ô combien persuasifs...et consuméristes? Surprenant.

    Sylvain Lerasle

  • est il possible de vivre sans ths

    Le 13 avril 2008

    Questions aux femmes gynecologues ménopausées.
    J'ai personnellement essayé de vivre sans, impossible de travailler, de vivre de réfléchir ...donc personellement je prends le risque et contre signe.

    Patricia Labourier (gyn,obst,pma)

  • enquete whi et risque de k du sein

    Le 16 avril 2008

    Qu'en est il du traitement "francais" par progesterone naturelle micronisée et oestrogenes transcutanes non équins ?

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