Ah ! Vivre plus longtemps sans cancer, sans MCV et sans diabète !

Le tabagisme, la sédentarité, la consommation d’alcool, le poids et le mode d’alimentation ont un impact sur l’espérance de vie et sur l’apparition de maladies chroniques. Ce sont aussi des facteurs sur lesquels il est possible d’agir. Pour préciser l’impact de ces facteurs, une équipe internationale a repris les données de 2 grandes cohortes, la Nurses’ Health Study (n = 73 196) et la Health Professionals Follow-Up Study (n = 38 366). L’objectif était d’établir si le fait d’adopter un comportement « mesuré » par rapport à 5 facteurs de risque modifiait l’espérance de vie sans pathologie chronique grave (diabète, pathologie cardiovasculaire, cancer). Les facteurs pris en compte étaient l’absence de tabagisme, un IMC entre 18,5 et 24,9, une activité physique modérée à intense (≥ 30 mn par jour), une consommation modérée d’alcool (5 à 15 g par jour pour les femmes, 5 à 30 g par jour pour les hommes) et une alimentation de qualité.

Plus de trente ans sans maladie chronique après 50 ans

Les résultats sont convaincants. Sans trop de surprise, adhérer à un mode de vie à faible risque est en effet associé, à 50 ans, à une espérance de vie, sans maladie chronique grave,supérieure de 7,6 ans pour les hommes et de 10 ans pour les femmes, en comparaison avec les participants dont le monde de vie est plus à risque. C’est ainsi que les femmes adoptant 4 à 5 comportements à faible risque ont une espérance de vie sans maladie chronique à 50 ans de 34,4 ans, alors qu’elle est de 23,7 ans pour celles n’en ayant adopté aucun. Pour les hommes, l’espérance de vie sans maladie chronique à 50 ans est de 31,1 ans et 23,5 ans respectivement. La plus faible proportion d’espérance de vie passée sans maladie chronique concerne les hommes et les femmes obèses ou les fumeurs de plus de 15 cigarettes par jour : moins de 75 % de leur espérance de vie à 50 ans se passera sans maladie chronique.

Il s’agit d’une preuve de plus que la promotion d’un mode de vie sain peut contribuer à réduire le poids des dépenses de santé en réduisant le risque de pathologies chroniques et en augmentant l’espérance de vie sans maladie chronique. Pour les auteurs, les autorités de santé doivent  promouvoir un environnement propice à une alimentation saine et à l’activité physique, voire améliorer ou élaborer des règlementations pertinentes (concernant par exemple les acides gras trans ou les interdictions de fumer).

Dr Roseline Péluchon

Références
Li Y. et coll. : Healthy lifestyle and life expectancy free of cancer, cardiovasculardisease, and type 2 diabetes: prospective cohortstudy. BMJ 2020;368:l6669. doi.org/10.1136/bmj.l6669

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Vos réactions (1)

  • Le mythe du comportement idéal

    Le 19 janvier 2020

    Encore une étude statistique qui veut déboucher sur un oukase très à la mode : faites ce qu'on vous dit et vous vivrez vieux sans maladie...5 facteurs pris en compte...qui sait la véracité de cette association? L'un ou l'autre de ces facteurs ne joue peut-être aucun rôle, cette étude ne le prouvera pas...
    On a statistiquement moins d'Alzheimer si on est fumeur...c'est certainement juste le mauvais choix du facteur...mais la statistique est irréfutable, comme dans le cancer du sein où l'on n'incrimine plus le tabac car les statistiques sont contradictoires.
    Nous voyons tous (ou avons vu en ce qui me concerne) des patients BCBG qui ont tout bien fait, le sport, les légumes bio etc, et qui ne comprennent pas qu'ils font un cancer "quand même" à 40 ou 50 ans. Et nous avons tous connaissance de grosses fumeuses qui ont dépassé les 90 ans.
    Un peu de modestie : en somme, vivre sans gros excès et corriger notre sédentarité par un peu d'activité ne peut sans doute pas nuire. De là à en ériger une règle...c'est certainement présomptueux!

    Dr Astrid Wilk

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