Anaphylaxie aux fruits, toujours trop peu d’adrénaline…

Pour S Gabrielli et coll., les caractéristiques cliniques et la prise en charge de l'anaphylaxie induite par les fruits (AIF) sont mal connues. Pendant 9 ans, les enfants et les adultes présentant une anaphylaxie admis dans 7 services d'urgence de 4 provinces canadiennes, ainsi que des patients nécessitant des soins médicaux urgents dans une région administrative du Québec (Outaouais/Ontario), ont été recrutés dans le cadre du Registre pancanadien des anaphylaxies.

Un formulaire standardisé documentant les symptômes, les facteurs déclenchant, et la gestion de l'anaphylaxie a été rempli. L'étude statistique (régression logistique multivariée) a été utilisée pour identifier les facteurs associés aux réactions graves et au traitement par l'adrénaline en milieu préhospitalier.

Kiwi, banane, mangue…les plus impliqués

Cette étude a permis de recruter 250 patients atteints d'AIF, d'âge médian 10,2 ans (extrêmes : 3,6-23,4 ans). Près de la moitié (48,8 %) étaient de sexe masculin. Les fruits les plus souvent impliqués étaient le kiwi (15,6 %), la banane (10,8 %) et la mangue (9,2 %). Vingt-trois patients (9,3 %) avaient une dermatite atopique (DA). L'adrénaline a été peu utilisée aussi bien en milieu préhospitalier que dans les services d'urgences (28,4 % et 40,8 %, respectivement).

Les réactions d'AIF sont survenues plus souvent au printemps et chez les personnes atteintes de DA avec, respectivement, des aOR (Odds Ratio ajusté) de 1,12 [intervalle de confiance à 95 % IC95% : 1,03-1,23] pour la survenue au printemps et de 1,17 [IC95% : 1,03-1,23] pour les sujets atteints de DA. Les patients présentant des réactions modérées à sévères (OR 1,23 [IC95 % : 1,06-1,43]) et ceux ayant une AA connue (OR 1,38 [IC95 % :1,24-1,54]) étaient plus susceptibles d'être traités avec de l'adrénaline pendant la phase préhospitalière).

Cette étude sur l'anaphylaxie sévère aux fruits fournit des résultats peu souvent notés, comme la plus grande fréquence au printemps, suggérant une possible explication par des allergies/sensibilisations polliniques associées. Dans cette étude, le rôle de la DA et surtout la sous-utilisation préhospitalière de l'adrénaline, même dans les services d'urgence, sont constatées, alors que les recommandations sur le traitement optimal de l'anaphylaxie se multiplient! (1)

Pr Guy Dutau

Références
1) Anagnostou K Turner KA. : Myths, facts and controversies in the diagnosis and management of anaphylaxis. Arch Dis Child 2019 ; 104(1) : 83-90.
2) Deschildre A et coll. : Plan d’action en cas de réaction accidentelle dans l’allergie alimentaire chez l’enfant : position du groupe de travail « allergie alimentaire » sous l’égide de la Société française d’allergologie. Rev Fr Allergol 2014 ; 54 : 389-393)

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