Consultation en soins primaires, une bonne occasion d’aborder le surpoids !

L’obésité est un facteur de risque de cancer, de diabète de type 2 et de pathologies cardiovasculaires menant à une mortalité précoce. Plus récemment, il a été montré que c’était aussi un facteur de mauvais pronostic en cas de Covid-19. Partout à travers le monde, les autorités sanitaires recherchent les méthodes les plus efficaces pour aider les personnes en situation d’obésité à perdre du poids.

Les recommandations internationales soulignent l’opportunité qu’offrent les soins primaires et recommandent à ces praticiens de dépister et encourager les patients à perdre du poids : la majorité de la population consulte un médecin en soins primaire en moyenne 4 fois dans l’année.

Une revue systématique de la littérature a été réalisée par une équipe du Royaume-Uni, et 34 essais ont été retenus pour une méta-analyse. L’objectif était d’évaluer l’efficacité d’interventions comportementales actives encourageant la perte de poids (en consultation ou par téléphone, avec support imprimé ou sur internet), délivrées en soins primaires (par des médecins ou non-médecins) à des adultes ayant un indice de masse corporelle (IMC) supérieur ou égal à 25, et comparées à l’absence d’intervention, à un simple contrôle du poids ou au conseil minimal.

L’efficacité était jugée sur un suivi d’au moins 12 mois. 

Une perte de poids de 2,3 kg de plus, ce n’est pas rien !

Les données confirment l’efficacité des interventions délivrées par les praticiens de premier recours, avec une perte de poids moyenne significative de 2,3 kilos supérieure à ce qui est obtenu avec les autres approches. Cette perte de poids s’associe à une réduction du tour de taille à 12 mois supérieure de 2,5 cm. L’analyse montre aussi que la perte de poids est plus importante quand le nombre de contacts entre le patient et le praticien est plus élevé, avec un minimum de 12 contacts nécessaires, en face à face ou par téléphone, ou les deux.

Notons que la perte de poids est significative, que l’intervention soit délivrée par un médecin généraliste ou par un autre praticien en soin primaire non-médecin. Les auteurs soulignent que, si une perte de poids supplémentaire de 2,3 kg peut sembler modeste, il convient de rappeler qu’une perte de poids de 2 à 5 % est associée à une amélioration de la pression systolique et des taux de glycémie et de triglycéridémie.

Dr Roseline Péluchon

Références
Madigan CDet coll. : Effectiveness of weight management interventions for adults delivered in primary care: systematic review and meta-analysis of randomised controlled trials
BMJ2022;377:e069719. doi.org/10.1136/bmj-2021-069719

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