Convulsions hyperthermiques après un vaccin, des convulsions comme les autres

Les convulsions hyperthermiques [CH] survenant chez un enfant après une vaccination conduisent les parents à douter de la sécurité du vaccin et, parfois, à hésiter à continuer le programme des vaccinations. Les CH post-vaccinales présentent-elles des particularités ? L’étude prospective d’une cohorte hospitalière de CH fournit des éléments de réponse.

Durant 14 mois, de mai 2013 à juin 2014 inclus, 1 022 enfants de moins de 6 ans, sans convulsions antérieures ni maladie neurologique actuelle, et avec un LCR normal quand il a été contrôlé, ont été vus aux Urgences ou hospitalisés dans 5 hôpitaux pédiatriques d’Australie pour une première CH.

Environ 6,5 % des premières CH (67/1 022) sont survenues dans les 2 jours suivant un vaccin inactivé, entre 5 et 14 j après un vaccin vivant atténué, ou entre 0 et 14 j après une association des deux types de vaccin.

L’âge médian aux premières CH post-vaccinales est de 13 mois, proche de l’âge recommandé pour la 1ère dose de vaccin anti-rougeoleux en Australie -12 mois-, vs 20 mois dans les autres CH (p <0,001).

Le ROR est le plus souvent impliqué

Le vaccin anti-rougeoleux est le suspect n°1. En effet, 56 des patients avec CH post-vaccinales ont reçu auparavant un vaccin comportant la valence de la rougeole, le ROR ou le ROR-Varicelle, soit seul (n = 13), soit en même temps que d’autres vaccins (n = 43 : 40 avec le Hib-MenC, et 3 avec le DTCaP), et les 14 CH survenues à J+9 ont toutes été précédées du ROR ou du ROR-V à J0. Les 11 CH où le vaccin anti-rougeoleux n’est pas impliqué, font suite à un vaccin hexavalent DTCaP-HIb-HepB + le PCV13 + les rotavirus (n = 7), à un vaccin contre la varicelle (n = 2), au DTCaP-HIb-HepB seul (n = 1) ou au vaccin antigrippal (n = 1).

Les CH post-vaccinales ne sont pas plus graves que les autres CH. La plupart durent ≤ 15 min. (57/67), ne se répètent pas dans les 24 h (61/67), ne conduisent pas à une admission en soins intensifs (66/67), séjournent < 1 j à l’hôpital (55/67) et ne motivent pas de traitement à la sortie (65/67). Seule différence, 100 % des CH post-vaccinales prolongées (10/10) ont dû être arrêtées avec des anticonvulsivants vs 59 % des autres CH prolongées (Odds Ratio : 2,24 ; Intervalle de Confiance de 95 % : 1,07-4,67).

Parfois une co-infection

Dans les CH post-vaccinales les symptômes respiratoires, l’irritabilité/la léthargie et les éruptions sont aussi fréquents que dans les autres CH, mais les troubles digestifs sont plus rares. Huit des 28 patients avec CH post-vaccinales explorées avaient une co-infection respiratoire (n = 5), une infection urinaire à Colibacilles (n = 2) ou une gastro-entérite à entérovirus (n = 1), ce qui suggère que la vaccination n’est pas toujours seule en cause dans les CH post-vaccinales.

Chez les patients suivis pendant 6 mois (n = 398), le taux de récidive des CH est plus élevé après une CH post-vaccinale qu’après une autre CH (7/25, soit 28 %, vs 81/373, soit 21,7 %), mais la différence n’est pas significative.

Le recrutement des patients est purement hospitalier et leur suivi partiel et bref. Ces réserves étant faites, la sévérité et les récidives des CH post-vaccinales ne paraissent pas très différentes de celles des autres CH. Ces conclusions peuvent être utilisées pour informer les parents d’un enfant qui a convulsé après une vaccination et les inciter à continuer le programme vaccinal.

Dr Jean-Marc Retbi

Référence
Deng L et coll. : Postvaccination febrile seizure severity and outcome. Pediatrics 2019 ; 143(5) : e20182120

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Vos réactions (1)

  • Quelles conséquences ?

    Le 28 mai 2019

    Un effet secondaire des vaccins comme c'est écrit dans la notice.
    A quand un suivi précis des effets secondaires des vaccins.
    Quelle signification ?
    Quelles conséquences pour l'avenir de l'enfant ?

    Dr Richard Faitg

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