Diabète de type 2 : faut-il de la vitamine D ?

Nombreuses sont les études internationales qui ont exploré avec ou plus moins de succès les liens entre vitamine D et diabète de type 2. La supplémentation, selon certaines sources, pourrait retarder l’apparition de la maladie ou freiner sa progression, voire contrôler l’insulinorésistance qui est observée en cas de prédiabète ou d’obésité. Les mécanismes cellulaires et moléculaires qui sous-tendent ces observations restent largement mystérieux.

Une étude de cohorte basée sur les données de l’UK Biobank permet d’en savoir un peu plus sur un sujet encore controversé. Son objectif a été d’étudier les associations potentielles entre les concentrations circulantes de 25-hydroxyvitamine D (25[OH] D) et le risque d’évènements cardiovasculaires (ECV), d’une part, la mortalité globale, d’autre part.

La cohorte étudiée se compose de 67 789 patients atteints d’un prédiabète et de 24 311 autres patients atteints d’un diabète de type 2, tous indemnes de maladie cardiovasculaire ou de cancer à l’état basal. Les concentrations sériques de 25(OH) D ont été dosées au début. Les données ont été traitées au moyen du modèle des risques proportionnels de Cox. Le risque d’ECV et la mortalité globale ont été pris en compte au terme d’un suivi de 10-14 ans.

Plus de vitamine D, moins d’ECV

Les analyses multivariées avec ajustements multiples ont révélé que les concentrations sériques plus élevées de 25(OH) D étaient associées de manière significative et non linéaire à un risque plus faible d’ECV en cas de prédiabète ou de diabète de type 2 et il en a été de même pour la mortalité globale (p non-linéaire < 0,05 dans tous les cas). Deux groupes ont été constitués en fonction des taux de 25(OH) D, respectivement < 25 nmol/l et ≥75 nmol/l.

Dans le second groupe, comparativement au premier, le risque d’ECV en cas de prédiabète est apparu significativement plus faible, avec un Hazard Ratio HR estimé à  0,78  (intervalle de confiance à 95 % IC 95 % 0, 71-0,86) et c’était la même chose pour les critères de jugement suivants :  (1) maladie coronarienne (HR 0,79 ; IC 95 % 0,71-0,89) ; (2) insuffisance cardiaque (HR 0,66 ; IC 95 % 0,54-0,81) ; (3) accidents vasculaires cérébraux (AVC) (HR 0,75 ; IC 95 % 0,61-0,93) ; (4) mortalité en rapport avec une cardiopathie ischémique (HR 0,43 ; IC 95 % 0,32-0,59) ;  (5)  mortalité globale (HR 0,66 ; IC 95 % 0,58-0,75). Les mêmes résultats ont été observés chez les patients diabétiques, sauf en ce qui concerne les AVC.

Selon cette étude de cohorte prospective sur plus de 90 000 participants, il faut surveiller les taux sériques de 25(OH)D chez les patients atteints d’un prédiabète ou d’un diabète de type 2. La supplémentation en vitamine D ne semble pas être un luxe dans un tel contexte, même si la preuve de son efficacité n’est pas parfaitement démontrée.

Dr Joseph Miller

Référence
Zhang P et coll. : Association of Serum 25-Hydroxyvitamin D With Cardiovascular Outcomes and All-Cause Mortality in Individuals With Prediabetes and Diabetes: Results From the UK Biobank Prospective Cohort Study. Diabetes Care. 2022 (28 février) : publication avancée en ligne. 28;dc212193. doi: 10.2337/dc21-2193.

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Vos réactions (1)

  • Vitamine D et RCV

    Le 31 mai 2022

    Il faudrait savoir dans ces études si ceux qui ont le taux de vitamine D le plus haut et le risque CV le plus bas ne sont pas ceux qui ont le plus d'activité physique en plein air. Vitamine D du soleil pendant une activité physique n'est peut- être pas égale à vitamine D en ampoule devant sa télévision ?

    Dr Marc Lepeut

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