Injection intramusculaire : où piquer ?

L’injection intramusculaire est un acte de soin couramment réalisé et qui obéit à des règles d’exécution particulières, à même de garantir l’efficacité et l’innocuité d’un tel acte.

Différents sites anatomiques peuvent se prêter à une telle injection à savoir les muscles deltoïdes, quadriceps ou fessiers, parmi les plus couramment utilisés.

Une étude australienne publiée dans la revue International journal of nursing studies s’est intéressée à cette pratique et souligne en préambule que le choix du site d’injection intramusculaire par un professionnel de santé est le plus souvent guidé par l’habitude plutôt que par une réelle approche documentée.

Ainsi, cette étude a confronté deux sites d’injection intramusculaire (muscle fessier antérieur vs muscle fessier postérieur) afin de dresser deux algorithmes décisionnels, l’un pour les hommes et l’autre pour les femmes. Le but de ces algorithmes estde guider le choix du site d’injection intramusculaire et de fournir aux professionnels de santé un outil leur permettant d’exécuter les injections en toute sécurité et en assurant l’efficacité maximale de la thérapeutique administrée.

Dans cette étude menée sur une cohorte de 145 volontaires (83 femmes et 62 hommes), une infirmière a collecté pour chaque participant un certain nombre de mesures anthropométriques telles que le poids, la taille, l’IMC, et évalué la quantité de graisse sous-cutanée et l’épaisseur musculaire des zones concernées par l’étude à l’aide d’échographies. Cette même infirmière était également chargée de marquer les sites d’injection suivant la méthode du quart supéro-externe (muscle fessier postérieur) et la méthode du V (muscle fessier antérieur).

Pour que l’injection soit vraiment intramusculaire

L’équipe de chercheurs a pu croiser les données recueillies avec le site d’injection utilisé et le résultat du geste réalisé, qu’il ait abouti à un contact osseux, une injection sous-cutanée ou intramusculaire.

Au final, il ressort que les injections inappropriées (contact osseux, sous-cutanée) peuvent être prédites par l’analyse du poids, de l’IMC et du tour de taille chez les femmes et par la distance tubercule de la crête iliaque – épine antéro-supérieure iliaque et le poids, chez les hommes.

Les auteurs de cette étude affirment que les algorithmes créés peuvent être utilisés afin de choisir le site le plus apte à assurer le caractère intramusculaire de l’injection (94-100 % de prévisibilité d’une injection intramusculaire) et les sites à éviter (69-100 % de prévisibilité d’une injection sous-cutanée).

Ces données méritent néanmoins d’être confirmées en appliquant les modalités de cette étude à une cohorte plus importante.

Maxime Sassalle

Référence
Larkin T et coll. : Ventrogluteal versus dorsogluteal site selection: A cross-sectional study of muscle and subcutaneous fat thicknesses and an algorithm incorporating demographic and anthropometric data to predict injection outcome. Int J Nurs Stud. 2017 ; 71:1-7. doi: 10.1016/j.ijnurstu.2017.02.017.

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Vos réactions (7)

  • Demande de précisions

    Le 16 avril 2017

    Un schéma des 2 types d'injection serait bienvenu...de même que les résultats chiffrés...mais probablement la série étudiée est-elle insuffisante en nombre pour être vraiment concluante...

    Dr J.-C. Schumacher

  • Une échographie ?

    Le 16 avril 2017

    Pourquoi ne pas proposer aussi de faire précéder ou accompagner chaque piqure IM d'une échographie (voire plus si affinités)?

    Dr Jean-Fred Warlin

  • Intra-quel-muscle ?

    Le 16 avril 2017

    " Injection intramusculaire (muscle fessier antérieur vs muscle fessier postérieur) "
    Il faut préciser ce qu'est le muscle fessier antérieur comme le muscle fessier postérieur, problème de traduction ?

    Dr Vincent Benard

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