La glucosamine, bonne pour le cœur ?

La glucosamine est très largement utilisée pour lutter contre l’arthrose et les douleurs articulaires. Son efficacité dans ces indications est toutefois controversée. En Europe, sa délivrance est conditionnée à une ordonnance, mais la glucosamine est en vente libre aux États-Unis et en Australie, où elle est très populaire, puisque 1 personne sur 5 en consommerait. De récents travaux ont suggéré que la glucosamine pourrait avoir un rôle préventif vis-à-vis des maladies cardiovasculaires et réduirait la mortalité. C’est pour préciser ces points qu’une équipe états-unienne a réalisé une étude prospective de cohorte incluant plus de 466 000 participants, enrôlés entre 2006 et 2010 et suivis jusqu’en 2016.

Diminution de 15 % du risque d’évènements cardiovasculaires

Les résultats semblent confirmer l’hypothèse de départ, puisque, dans cette cohorte, la consommation régulière de glucosamine est associée à une diminution de 15 % du risque d’évènements cardiovasculaires, de 22 % du risque de décès d’origine cardiovasculaire, de 18 % du risque de pathologie coronaire et de 9 % du risque d’accident vasculaire cérébral. Cette association est indépendante des facteurs de risque classiques, parmi lesquels l’âge, le sexe, l’IMC, l’activité physique, l’alimentation, la consommation d’alcool, le tabagisme, le diabète, l’hypertension, etc. Les auteurs soulignent que l’effet positif de la glucosamine sur le risque cardiovasculaire est plus important chez les fumeurs.

En attendant une confirmation de ces effets, l’on peut déjà se demander par quel mécanisme la glucosamine agirait sur le risque cardiovasculaire.Plusieurs hypothèses sont avancées. La première est une activité anti-inflammatoire, notée dans les études animales. D’autres travaux ont montré que la glucosamine réduit la glycolyse et augmente le catabolisme des acides aminés, se comportant comme un agent de restriction énergétique et par là comme un facteur protecteur contre le développement de pathologies cardiovasculaires. D’autres mécanismes pourraient être impliqués et de futurs travaux sont nécessaires pour explorer le rôle de la glucosamine sur le risque cardiovasculaire.

Dr Roseline Péluchon

Référence
Ma H et coll. : Association of habitual glucosamine use with risk of cardiovascular disease: prospective study in UK Biobank. BMJ 2019; 365: l1628

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