Les iSGLT2 auraient un effet favorable sur l’uricémie

Les inhibiteurs des cotransporteurs du glucose dits iSGLT2 (Sodium Glucose Transporter et GLUT2) constituent une classe pharmacologique nouvelle qui présente bien des attraits dans le traitement du diabète de type 2 réfractaire à une prise en charge conventionnelle. L’amélioration du contrôle glycémique s’accompagne d’un effet néphroprotecteur et cardioprotecteur, ainsi que souvent d’une perte de poids particulièrement appréciable quand le diabète survient dans un contexte pléthorique. Il restait à savoir si ces molécules pouvaient influer sur l’uricémie assez souvent augmentée dans ce contexte.

A partir des bases PubMed, Embase, Web of Science et Scopus, interrogées jusqu’à la date du 13 août 2021, ont été identifiés 1 172 articles abordant ce thème. Seules 59 études ont retenu l’attention et 55 essais menés contre placebo ont été inclus dans une méta-analyse qui a concerné au total 122 groupes de traitement et sept types d’iSGLT2. La prise de ces derniers a été associée à une réduction significative de l’uricémie qui s’est avérée plus marquée avec l’empaglifozine, la différence moyenne (DM) versus placebo étant estimée à -40,98 μmol/l (intervalle de confiance à 95 % IC 95% [-47,63, -34,32]).

Peut-être un traitement d’appoint en cas d’hyperuricémie au cours du diabète

L’effet était aussi significatif mais un peu moindre et variable avec les autres iSGLT2 : dapagliflozine DM = -35,17 μmol/l (IC 95% [-39,68, -30,66], canagliflozine DM = -36,27 μmol/l (IC 95% [-41,62, -30,93], luséogliflozine DM = -24,269 μmol/l (IC 95% [-33,31, -15,22], tofogliflozine DM = -19,47 μmol/l (IC 95% [-27,40, -11,55], ipragliflozine DM = -18,85 μmol/l (IC 95% [-27,20, -10,49]. Parallèlement, dans les groupes traités, le contrôle glycémique s’est amélioré et le poids corporel a diminué de manière significative. Un bémol : si la baisse de l’uricémie a persisté dans la durée avec la plupart des iSGLT2, il semble que l’empagliflozine fasse exception, ce qui reste à confirmer. L’effet s’est avéré en outre tributaire de l’ancienneté du diabète.

Les iSGLT2 peuvent-ils ainsi servir de traitement d’appoint en cas d’hyperuricémie constatée chez un patient atteint d’un diabète de type 2 ? Cet effet biologique a-t-il des répercussions cliniques sur le long terme, notamment en cas d’hyperuricémie symptomatique ? Ces questions méritent des réponses auxquelles cette méta-analyse plutôt exhaustive ne permet pas de répondre.


Dr Joseph Miller

Référence
Akbari A et coll. : Impacts of Sodium/Glucose Cotransporter-2 Inhibitors on Circulating Uric Acid Concentrations: A Systematic Review and Meta-Analysis. J Diabetes Res. 2022 ; publication avancée en ligne le 17 février. doi: 10.1155/2022/7520632. 

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