Quel risque d’AVC en cas de cancer occulte ou avéré ?

Le cancer connu ou cliniquement avéré est associé à une augmentation du risque d’accident vasculaire cérébral (AVC) ou d’accident ischémique transitoire. Il existe assez d’études pour que cette hypothèse soit prise au sérieux, ce qui n’est pas le cas pour les affections malignes infracliniques ou occultes. Le tabagisme chronique est un facteur de risque associé à ces dernières et à l’AVC, mais son rôle potentiel dans l’association entre ces deux pathologies est mal établi.

Une étude de type cas-témoins, menée au Danemark s’est penchée sur cette problématique à partir du Danish Cancer Registry qui a permis d’identifier 264 376 cas de cancer, sur la période 2003-2012. Chaque cas a été apparié à 10 témoins, en tenant compte de l’âge, du sexe et des revenus, mais aussi de l’absence de cancer avéré lors de l’inclusion, ce qui représente un effectif de 2 571 260 sujets. Le registre précédent a été confronté aux données du Danish Stroke Registry afin de déterminer le risque d’AVC ischémique ou hémorragique, dans l’année qui a précédé (cancer occulte) ou suivi (cancer avéré) le diagnostic de l’affection maligne stratifiée en fonction des 15 localisations ou formes les plus fréquentes : (1) tumeurs solides possiblement en rapport avec le tabagisme : poumon, côlon, vessie, rectum, pancréas, rein, estomac, tête et cou ; (2) autres sans rapport avec le tabagisme : lymphome non hodgkinien, sein, prostate, mélanome, cerveau, ovaire et endomètre.

Le risque d’AVC ischémique/hémorragique s’est avéré plus élevé à la fois en cas de cancer occulte (risque relatif [RR] = 1,75/2,00) et avéré (RR = 1,30/1,41).

Pour ce qui est des cancers occultes, l’augmentation du risque d’AVC ischémique a concerné tous ceux liés au tabagisme. L’association n’a concerné que trois tumeurs malignes indépendantes de ce dernier, celles touchant le système nerveux central ou l’endomètre, ainsi que les lymphomes. Les cancers du sein, de la prostate et de l’ovaire, de même que les mélanomes n’ont pas été concernés.
En cas de cancer occulte, le risque d’AVC hémorragique ne s’est avéré élevé que pour les lésions malignes associées au tabac.

En cas de cancer avéré, il en a été de même pour le risque d’AVC ischémique ou hémorragique.
Cette étude de type cas-témoins plaide en faveur d’une association entre cancer occulte ou avéré et risque d’AVC. Cette association semble surtout impliquer les cancers potentiellement tributaires du tabagisme. Il va sans dire que cette hypothèse doit être étayée par d’autres études et idéalement confirmée par une étude longitudinale.

Dr Philippe Tellier

Référence
Andersen KK et coll. : Risk of Ischemic and Hemorrhagic Strokes in Occult and Manifest Cancers. Stroke 2018 ; 49 (7) : 1585-1592.

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