Risque de pathologie biliaire augmenté avec les inhibiteurs de la DPP-4

Les inhibiteurs de la dipeptidyl peptidase-4 (DPP-4) ont un profil de sécurité connu. Les mises en garde ont jusqu’à présent concerné les risques d’insuffisance cardiaque, de pancréatite, de pemphigus bulleux ou de douleurs articulaires. L’impact sur le risque de pathologie biliaire n’a pas été établi.

Le glucagon-like peptide-1 (GLP-1) est quant à lui impliqué dans des perturbations de la motricité de la vésicule biliaire. Le liraglutide, membre important de la classe des analogues du GLP-1, est associé à une augmentation du risque de pathologies vésiculaires ou biliaires. Le GIP (glucose- dependent insulinotropic polypeptide), autre incrétine, a lui aussi été associé à des troubles de la motricité de la vésicule.

Pour en savoir plus, une méta-analyse a été réalisée sur 82 essais randomisés incluant près de 105 000 patients traités pour un diabète de type 2, par un inhibiteur de la dipeptidyl peptidase-4 (DPP-4), un analogue GLP-1, un inhibiteur du cotransporteur sodium-glucose de type 2 (SGLT2), comparés à un placebo ou à un autre antidiabétique. L’objectif de l’étude était d’évaluer la survenue d’une pathologie vésiculaire ou biliaire.

À mettre en balance avec les bénéfices thérapeutiques

L’analyse confirme que, comparés au placebo ou à un traitement autre, les inhibiteurs de DPP-4 augmentent de 22 % le risque de survenue d’un critère composite de pathologies biliaires, en particulier lors de traitements prolongés. Cela correspond à la survenue de 11 évènements supplémentaires pour 10 000 personne-années. Dans l’analyse par pathologie, le risque augmente de 43 % pour la cholécystite, soit 15 évènements supplémentaires pour 10 000 personne-années. En revanche, le risque de lithiase biliaire ou de pathologie biliaire n’augmente pas. Le risque est supérieur avec les inhibiteurs de DPP-4 en comparaison avec les inhibiteurs du SGLT-2, mais identique à celui des analogues du GLP-1.

Les auteurs font remarquer que l’augmentation du risque absolu est toutefois faible et doit donc être mis en balance avec les bénéfices du traitement.

Dr Roseline Péluchon

Références
He L et coll. : Dipeptidyl peptidase-4 inhibitors and gallbladder or biliary disease in type 2 diabetes: systematic review and pairwise and network meta-analysis of randomised controlled trials
BMJ2022;377:e068882. doi.org/10.1136/bmj-2021-068882

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions

Soyez le premier à réagir !

Les réactions aux articles sont réservées aux professionnels de santé inscrits
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.

Réagir à cet article