Vitamine D et risque de diabète de type 2 : une association significative ?

Les apports insuffisants en vitamine D ont été associés au risque de diabète de type 2 au travers d’études épidémiologiques dont les résultats ne font pas l’unanimité quant à leur interprétation. Le plus souvent, ils émanent en effet d’études transversales ou rétrospectives qui sont entachées de nombreux biais et facteurs de confusion. L’hypothèse d’une causalité inverse a par ailleurs été largement évoquée pour les expliquer, les faibles apports en vitamine D pouvant témoigner de l’état de santé ou de l’hygiène de vie des patients atteints d’un diabète de type 2, une maladie volontiers associée à des comorbidités diverses et variées.

L’étude prospective australienne dite MCCS (Melbourne Collaborative CohortStudy) tente d’échapper aux critiques précédentes. Elle n’en est pas moins du type cas-témoins, puisqu’elle a consisté à sélectionner au hasard au sein de la cohorte originale deux groupes : 628 participants qui ont développé un diabète de type 2 et 1 884 témoins appariés selon le sexe. Les concentrations plasmatiques de 25-hydroxyvitamine D (25(OH)D) ont été mesurées sur des prélèvements sanguins effectués au moment de l’inclusion dans l’étude, au moyen de la chromatographie liquide couplée à la spectrométrie de masse. Le risque de diabète en fonction de cette variable biologique a été estimé à l’aide d’une régression logistique multiple sous la forme d’odds ratios (ORs) associés à leurs intervalles de confiance à 95 % (IC 95 %), dans le cadre d’une comparaison interquartiles avec ajustement selon les facteurs de confusion.

Une relation inverse chez des Australiens en bonne santé dans une étude cas témoins…

Les résultats plaident en faveur d’une association significative entre les taux de 25(OH)D et le risque de diabète de type 2 : (1) quartile supérieur versus inférieur : OR = 0,60 (IC 95 %: 0,44-0,81) ; (2) chaque augmentation de 25  nmol/lde la 25(OH)D a été associée à un OR de 0,76 (IC 95 %: 0,63-0,92 ; p = 0,004). Pour éliminer une relation de causalité inverse, une analyse a porté spécifiquement sur les participants en excellente ou bonne santé, quatre années après l’inclusion dans l’étude. Une telle approche n’a en rien invalidé les résultats précédents, les valeurs correspondantes étant en effet respectivement 0,46 (IC 95 % : 0,29-0,72) et 0,71 (IC 95 % : 0,56-0,89; p = 0,003).

Cette étude transversale plaide en faveur d’une association inverse entre les taux plasmatiques de 25(OH) D et le risque de diabète de type 2 chez des Australiens d’âge moyen.  Un lien de causalité inverse semble peu probable, compte tenu d’une double analyse des données, dont l’une effectuée chez des participants en bonne ou excellente santé. La relation de causalité directe n’en reste pas moins à établir, ce qui passe nécessairement par le recours à des études de cohorte réellement prospectives.

Dr Philippe Tellier

Référence
Heath AK et coll. : Vitamin D status and the risk of type 2 diabetes: The Melbourne Collaborative Cohort Study. Diabetes Res Clin Pract. 2019 ; 149 :179-187.

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