Epidémiologie des cancers de la prostate et du sein : mission impossible ?

Paris, le mercredi 3 janvier 2017 - Santé Publique France (SPF) a publié ce 2 janvier une « projection de l’incidence et de la mortalité par cancer en France métropolitaine en 2017 ». Ces extrapolations statistiques conduisent à estimer l’incidence du cancer à 353,2* pour les hommes et à 284,5* pour les femmes et une mortalité par cancer de 119,2* pour les hommes et 71,7* pour les femmes.

Ces chiffres d’incidence apparaissent sujets à caution, étant donné, comme le reconnaît SPF, le casse-tête que constitue désormais l’épidémiologie des cancers de la prostate et du sein…considérés comme les plus fréquents chez l’homme et la femme. 

En matière de cancer de la prostate, le flou est ainsi presque total : aussi l’agence signale que « compte-tenu de la grande incertitude sur l’évolution à court terme de l’incidence du cancer de la prostate, les estimations d’incidence 2017 ne sont pas présentées ».

Impossible de connaître l’incidence du cancer de la prostate en France !

En guise d’explication, SPF note « le cancer de la prostate représente un cas particulier car l’évolution de son incidence est fortement impactée par la pratique du dépistage par dosage sérique de l’antigène spécifique de la prostate (PSA), pratique très répandue bien que (…) non recommandée par la Haute autorité de santé. Dans ce contexte, il est très difficile de prévoir son évolution à court terme et de savoir si la forte décroissance de l’incidence constatée en France métropolitaine après 2005 se poursuivra ou non jusqu’en 2017 ».

Pour expliquer cette diminution l’institution évoque deux mécanismes : « d’une part, après plusieurs années de dépistage intensif, une partie des cancers prévalents asymptomatiques a déjà été diagnostiquée et le réservoir des « cancers dépistables » serait en voie d’épuisement. D’autre part, une modification des pratiques de dépistage (dosage du PSA et biopsie en cas de test positif) a pu également contribuer à cette baisse ».

Épidémiologie du cancer du sein : bien mais peut mieux faire !

Pour le cancer du sein, SPF fait valoir que « les variations récentes et importantes de l’incidence rendent difficile et incertaine la projection du taux même à court terme ».

SPF parvient néanmoins à estimer à 59 000 le nombre de cancer de cette localisation en se basant sur la légère augmentation du taux d’incidence entre 2010 et 2013 qu’elle considère étayée par des données suffisamment robustes. 

*pour 100 000 personnes-années

F.H.

Références
Projection de l’incidence et de la mortalité par cancer en France métropolitaine en 2017
http://invs.santepubliquefrance.fr/Publications-et-outils/Rapports-et-syntheses/Maladies-chroniques-et-traumatismes/2018/Projection-de-l-incidence-et-de-la-mortalite-par-cancer-en-France-metropolitaine-en-2017

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions

Soyez le premier à réagir !

Les réactions aux articles sont réservées aux professionnels de santé inscrits
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.

Réagir à cet article