Médecins, patients, internet : un ménage à trois orageux

Paris, le lundi 21 octobre 2019 - Beaucoup a déjà été écrit sur les perturbations engendrées par internet quant à la relation médecin-malade.

Vingt ans après la démocratisation de cet outil de communication, 360 Medics, une application d’aide à la prescription publie les résultats d’une enquête réalisée auprès de 300 professionnels de santé dont 161 médecins qui démontre que, désormais, 83 % des patients s'auto-diagnostiquent avant de voir leur médecin !

Logiquement les praticiens sont très régulièrement confrontés au phénomène.

Ainsi, 99 % des praticiens sondés confient avoir déjà eu à faire à des patients qui rentrent dans leur cabinet avec déjà un diagnostic et un traitement à l’esprit.

Or, au terme de la consultation, il apparaît, que dans 85 % des cas ce diagnostic est tout simplement faux !

Aussi, 6,6 % des personnes interrogées estiment que les autodiagnostics ne sont jamais corrects, 38,6 % qu'ils le sont « rarement » et 46,5 % qu’ils le sont « peu souvent ».

Seuls 2 % des professionnels estiment qu’ils sont « fréquemment » ou souvent (6,3 %) bons.

Globalement les médecins semblent donc sceptiques quant à cette pratique qui a tendance à dégrader la relation médecin malade. « Cela la rend plus complexe. Il faut expliquer aux patients que leur diagnostic est inexact, ce qui n'est pas idéal pour tisser, d'emblée, une relation de confiance. Parfois, ils sont déçus de ressortir sans le médicament qu'ils voulaient » explique Grégoire Pigné, cancérologue et fondateur de 360 medics.

Le docteur Jean-Paul Hamon, président de la Fédération des médecins de France, interrogé par Le Parisien se veut moins pessimiste. Bien qu’il reconnaisse que l’on trouve le meilleur et le pire sur la toile, pour lui, au moins, les  patients sont « bien plus au courant qu'avant ».

X.B.

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