Contraception : la fin du tout pilule se confirme

Paris, le lundi 25 septembre 2017 – La journée mondiale de la contraception, organisée demain, a été précédée au début du mois de septembre par la publication d’un livre intitulé J’arrête la pilule , écrit par la journaliste Sabrina Debusquat. L’ouvrage qui repose notamment sur le témoignage de nombreuses femmes ayant fait le choix de rompre avec la tradition instaurée par leurs ainées de confier majoritairement leur contraception à la pilule se montre très critique vis-à-vis de ce mode de contraception. Ne se contentant pas de revenir sur la délicate controverse autour des pilules de troisième et quatrième génération, elle affirme que la pilule est cancérigène ou l’accuse encore de provoquer perte de libido, prise de poids et autres maux plus ou moins précis. Plus globalement, c’est le rejet d’une « pollution hormonale » non « naturelle », leitmotiv que l’on trouve repris désormais face à de multiples sujets sanitaires, qui est développé dans cet ouvrage.

Détachement de la pilule mais pas de la contraception

Ce rejet est loin d’être un phénomène isolé : il est le témoin d’une tendance que l’on constate dans les enquêtes menées sur la contraception des Françaises. La dernière en date publiée aujourd’hui par Santé Publique France confirme ainsi le recul de la pilule qui était adoptée par 40,8 % des femmes en 2010 et qui n'est aujourd’hui retenue que par 33,2 % des femmes. Si au moment des premières plaintes visant les pilules de troisième et quatrième génération, la désaffection pour l’ensemble des contraceptifs oraux avait entraîné un recul de la contraception, cette tendance ne se retrouve plus aujourd’hui : la proportion de femmes qui n’en utilise aucune a reculé passant de 13,6 % en 2010 à 8 % aujourd’hui. De même, le retour aux méthodes traditionnelles (prise de température, retrait), un temps redouté, ne connaît pas d’explosion (augmentation de moins d’un point depuis 2010).

Un nouveau dialogue autour de la contraception s’impose

C’est donc plutôt vers une diversification des méthodes de contraception que s’oriente la France : ainsi, le préservatif est adopté désormais par 15,5 % des femmes (contre 10,8 % il y a sept ans). Auparavant réservé aux plus jeunes, le préservatif est désormais de plus en plus utilisé par des couples installés depuis plusieurs années et s’impose à nouveau après la naissance des enfants. Cette tendance coïncide avec le fait que le désamour vis-à-vis de la pilule concerne d’abord des femmes qui s’approchent de la quarantaine, bien plus que les plus jeunes. Le stérilet de la même manière concerne désormais 25,6 % des femmes contre 18,7 % auparavant : sa mauvaise réputation passée s’est dissipée, tandis que la fin des recommandations dissuadant son implantation chez les nullipares est de mieux en mieux connue des médecins… mais surtout des patientes, qui pressent les premiers de l'adopter malgré la persistance de réticences. Ce changement concernant les méthodes de contraception a de fait des répercussions certaines dans le dialogue médecin/patiente. Longtemps concentré uniquement sur la seule pilule, le discours sur la contraception des praticiens doit en effet désormais s’adapter et être en mesure de répondre à de multiples questions, qui hier encore était quasiment inexistantes (et dont l’absence n’était que rarement palliée par une information spontanée par les praticiens).

Aurélie Haroche

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions

Soyez le premier à réagir !

Les réactions aux articles sont réservées aux professionnels de santé inscrits
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.

Réagir à cet article