Deuxième vague : le Conseil scientifique met en garde

Paris, le jeudi 9 juillet 2020 – Deuxième vague ou non ? Le débat continue de faire rage. Hier, c’était au tour de plusieurs membres du Conseil scientifique d’alerter sur les risques importants d’une résurgence de la Covid-19 y compris cet été et de pointer la désinvolture des Français.

Les vieux sauveront-ils les jeunes ?

Ainsi, dans un entretien accordé au journal Le Monde, le Pr Jean-François Delfraissy évoque une possible deuxième vague avant même cet automne, en raison du relâchement observé concernant le respect des consignes sanitaires, « Nous sommes très frappés par le fait que les mesures barrières et les mesures de distanciation sociale ne sont plus respectées (…) le risque d'une reprise de l'épidémie, il existe, y compris durant l'été ». « Le virus continue à circuler, certes de façon beaucoup plus lente, beaucoup plus contrôlée, mais il est toujours là. L’été pourrait se passer dans des conditions optimales, à condition que les mesures de distanciation sociale se poursuivent. On le sait maintenant : il suffit qu’il y ait un supercontaminateur dans une assemblée et ça repart comme à Mulhouse » poursuit-il.

En effet, selon les dernières données publiées par Santé publique France (2 juillet), l’adoption systématique des mesures de prévention « saluer sans se serrer la main et arrêter les embrassades » et « garder une distance d’au moins 1 mètre » continue de diminuer (-15 points depuis la levée du confinement). En revanche, on note que le lavage régulier des mains ou l’utilisation d’un masque en public sont stables.

Aussi, le président du Conseil scientifique affirme « tout ce qui se passe dans l’hémisphère Sud nous fait dire que, même si ce virus est moins saisonnier qu’un virus grippal, il s’en rapproche quand même par certains côtés. Et on ne voit pas comment on éviterait un retour du virus dans l’hémisphère Nord à l’automne, donc une possible deuxième vague en octobre-novembre ».

« Il y aura une deuxième vague, ça ne fait aucun doute. Dans le meilleur des cas ce serait dans la période d'octobre-novembre mais c'est très conditionné par nos comportements » abonde Pierre-Louis Druais, vice-président de la Haute autorité de Santé et également membre du Conseil scientifique sur BFMTV.

Parmi les explications avancées, la trop faible immunité collective. « Les vagues épidémiques s'arrêtent lors d'une immunisation collective. Or le taux d'immunisation ne dépasse que 12 à 13% au maximum en France et en Europe. En plus le virus circule de manière planétaire, donc on doit s'attendre à une possible reprise épidémique à la période de l'automne » détaille le Pr Bruno Lina dans l’Express. 

Dans cette hypothèse, pour le Pr Jean-François Delfraissy, le reconfinement ne doit pas être un sujet tabou, mais il devra s’agir d’un reconfinement ciblé sur une zone géographique et sélectif vis à  vis des populations à risque.

« Premièrement, il faut se préparer et tout faire pour éviter le confinement général, car les citoyens, probablement, ne l’accepteraient pas. Nous disposons d’outils et d’une stratégie qui n’existaient pas début mars et qui sont maintenant bien en place. Mais encore faut-il qu’on ne s’endorme pas pendant l’été. Deuxièmement, il faudra peut-être qu’en cas de retour du virus en novembre, les anciens contribuent à ce qu’une vie sociétale puisse se poursuivre en France en se protégeant. C’est un choix politique mais aussi, à mes yeux, un choix sociétal voire éthique.
Je souhaiterais vraiment que la société puisse profiter des deux ou trois mois que nous avons devant nous pour participer à l’élaboration de ce choix ».

A suivre…

F.H.

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions (3)

  • Quel taux d'immunité collective

    Le 10 juillet 2020

    Il est toujours très étonnant de lire les taux d'immunité collective, alors que l'incertitude règne sur l'interpretation des tests sérologiques. 13 à 13 % ? Pourquoi pas... D'où provient cette donnée ? D'une modélisation ? Jusqu'à présent, aucune n'a été probante. Et si, en attendant des résultats fiables, le bon sens prenait le relais, sans que la discussion ne soit polluée par des positions insuffisamment étayées ?

    Dr Bernard Hazon

  • Incertitude ?

    Le 11 juillet 2020

    Pas vraiment d'incertitude sur l'interprétation des tests sérologiques. En revanche ceux-ci sont mal interprétés régulièrement. Une personne séropositive a été en contact avec le virus, c'est tout ce que l'on peut affirmer. A la marge certes on peut avoir quelques rares cas de fausse séropositivité mais cela ne change pas la séroprévalence réelle dans la population.

    La solution à cette faible séroprévalence ? Foutre la paix à ceux qui ne risquent pas grand chose s'ils tombent malade. Mais être intransigeants sur les protections dès lors qu'il y a une mixité publique, notamment dans les transports, les endroits publics clos comme les cinémas, théâtres etc ET A LA MAISON si y vivent ou rendent visite des parents à risque...mais de grâce, laissons ce virus circuler et immuniser ceux qui protégerons demain les plus vulnérables ! Aucune épidémie mondiale n'a été et ne sera vaincue par le confinement, et c'est d'autant plus vrai dans un monde où l'on se rend à 6000km en quelques heures.

    Oui ce serait un changement du paradigme actuel, mais on ne pourra pas confiner n fois sans faire plus de dégâts que le virus lui-même ! Ce serait terrible de se réveiller un jour en se disant que Trump ou Bolsonaro ont eu raison avec leur politique autoritaire (qui n'est pas celle que je préconise) alors que nous avons échoué nous par simple pusillanisme.

    Dr EG

  • Confiner les "ainés" qui ne sont pas morts !

    Le 24 juillet 2020

    Moi qui je suis jeune retraité, je commence à craindre une stigmatisation ciblée sur les "vieux" qui respectent le règles sanitaires alors que certains "jeunes" qui se foutent de tout et de tous! Les "rave parties", on leur supprime la carte vitale! Point barre!

    Dr Jean-Paul Vasse

Réagir à cet article