L’alliance des médecins retraités et des internes contre les déserts médicaux

Le docteur Hérault © Le Courrier de la Mayenne

Laval, le vendredi 14 avril 2017 – Il va s’ouvrir, à Laval, au mois de mai prochain, une structure originale qui vise à lutter contre la désertification médicale que connaît ce département. Il y manque en effet 120 omnipraticiens ne serait-ce que pour atteindre la moyenne nationale de démographie médicale et dix mille patients de Laval et de sa petite couronne sont aujourd’hui dépourvus de médecin traitant.

Un projet d’urgence…mais structurant pour l’avenir

Cette maison médicale, où sera dispensées, dans un premier temps, des consultations de médecine générale et de « petites urgences » a la singularité de rassembler une quinzaine de praticiens retraités depuis moins de 5 ans et des internes de la faculté de médecine d’Angers.

Une infirmière et une secrétaire seront aussi mises à disposition par la municipalité et le Conseil départemental. Il est également prévu d’y déployer rapidement un service de protection maternelle et infantile et  d’offrir les services d’autres professionnels paramédicaux et l’on songe déjà à y embaucher des spécialistes, eux aussi retraités.

Si ce projet ne semble pas, pour l’instant, devoir être pérenne, l’expérimentation n’étant prévue que pour trois ans, l'Ordre des médecins estime que le fait d'assurer une forme de compagnonnage auprès de la future génération pourrait l’inciter à rester sur le territoire pour y exercer son métier.

« L’idée du projet est de répondre non seulement à une urgence mais aussi d’être structurant pour l’avenir, c’est pour cette raison que nous avons pris contact avec la faculté de médecine d’Angers pour accueillir des internes en fin de formation » comme le souligne le Dr François Dima, président de l’ordre des médecins de Mayenne, auprès de Pourquoi Docteur.

Fou et drogué de médecine !

Cette union des anciens et des modernes attire. Ainsi le futur coordinateur de l’établissement, le Dr Hérault explique au Figaro : « j’ai reçu plusieurs appels de collègues, jeunes retraités, qui voulaient savoir comment ça s’organisait. Je pense que c’est un projet qui pourra être reproduit ailleurs » et résume à Ouest-France les raisons de ces vocations tardives : « il faut être fou et drogué de la médecine pour vouloir reprendre (…) Ou alors tout simplement vouloir rendre service » !

F.H.

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Vos réactions (2)

  • Verboten

    Le 15 avril 2017

    Les spécialistes qui envisagent de faire des remplacements occasionnels de généralistes doivent savoir que l'Ordre des médecins ne les autorisera pas à le faire parce qu'ils ne sont pas "spécialistes de médecine générale". Ce en quoi consiste cette "spécialité" est assez mystérieux. Par contre, des internes, quelle que quoi la spécialité qu'ils ont choisie, peuvent faire des remplacement, mais pas un médecin, quelle que soit sa spécialilité !

    Ayant été chef d'un service de médecine interne et ayant été pendant quinze ans Maître de Stages pour la formation des médecins généralistes, je pensais naïvement que je n'aurais pas de problèmes pour faire les petits remplacements que me demandaient des confrères du coin. "Streng verboten" comme on disait dans mon enfance. Dans un grand élan de générosité, l'Ordre National m'a proposé de suivre un an de stages auprès d'un "Professeur de Médecine Générale". Je me suis permis de demander si, durant ces stages, j'y serais comme stagiaire ou comme professeur. Ma remarque n'a pas plu.

    J'ai aussi envisagé d'ouvrir un matin par semaine une consultation de diabétologie chez le confrère de mon village. Refus scandalisé de l'Ordre: cela notre cohabitation allait entraîner une débauche scandaleuse de "dichotomie". Petite précision: dans ma région, il est impossible pour une urgence, de trouver un médecin généraliste qui accepte de la recevoir...

    Dr Guy Roche, ancien interniste

  • Bon vote

    Le 16 avril 2017

    En 2012 et 2013, dernières années de mon activité j'ai écrit à ma mairie et à tous les internats de bourgogne pour tenter de donner ma clientèle informatisée et une reprise à prix cassé de magnifiques locaux professionnels en centre ville...zéro réponse...les 32 heurs, le Mélanchonisme, le revenu universel, le formatage total d'une autre médecine sont dans l'air du temps...l'idée de cette alliance est pourtant bonne mais elle semble appartenir à un autre siècle où on n'était pas "Médecin généraliste" par défaut ou pour avoir un confort de vie... Comment serait rémunéré ce statut et avec quelles charges supplémentaires pour ce "cumul"?
    Bon vote à toutes et tous.

    Dr Bernard Lamy

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