Risque cardio-vasculaire : 44 pharmacies du Pas-de-Calais offrent un dépistage gratuit

Paris, le jeudi 6 octobre 2016 - C’est un record dont la région se passerait bien. Entre 2008 et 2010, le taux de mortalité prématurée pour maladies cardio-neurovasculaires était de 44,5 % supérieur à la moyenne nationale dans le Nord-Pas-de-Calais. Au niveau intrarégional, les chiffres rapportés par l’Agence régionale de santé (ARS) des Hauts-de-France (nouveau nom de l’entité administrative depuis la réforme territoriale) indiquent des disparités flagrantes. Si le taux de mortalité prématuré pour ces pathologies est de +20,6 % dans la zone Lille-Métropole, elle culmine à +81,4 % dans celle de Lens-Hénin durant le même intervalle. Soit de très loin le taux de mortalité le plus élevé de France.

Au fait de cette réalité, l’Union régionale des professionnels de santé Pharmaciens (URPS-Pharmaciens) des Hauts-de France s’est associée avec l’URPS-Médecins, le Centre de ressources et de formation à l’éducation du patient (CERFEP) et la faculté de pharmacie de Lille pour mettre en place une expérience inédite : le repérage précoce des facteurs de risque de maladies cardio-vasculaires (MCV) par les pharmaciens d’officine de la région de Lens-Hénin. Pour l’URPS-Pharmaciens, « l’enjeu majeur est de prévenir l’entrée dans la maladie, d’anticiper et de retarder la survenue de complications. C’est aussi une occasion de valoriser les nouvelles missions du pharmacien d'officine, notamment auprès de l’ARS qui cofinance cette action ». Cette dernière a en effet débloqué 90 000 euros, complétés par les 16 000 euros alloués à cette action par la Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) de l’Artois.

Un tiers des pharmaciens impliqués

Interrogé par le quotidien régional La Voix du Nord, Eric Bot, un pharmacien de Loison-sous-Lens, explique que cette expérimentation montre la volonté de la profession de se « démarquer de distributeurs comme Leclerc ou Amazon » et de revenir ainsi à leur « cœur de métier, avec plus de santé et moins de commerce ». Concrètement, toutes les officines impliquées proposent, depuis le 29 septembre et pendant 3 mois, un entretien confidentiel de 15 minutes avec le pharmacien destiné à identifier les patients à risque de MCV, y compris et surtout ceux qui sont hors du parcours de soins. Le dépistage se compose d’un questionnaire et de différentes mesures : tension, cholestérolémie totale, glycémie, périmètre abdominal et calcul de l’indice de masse corporelle (IMC). SI nécessaire, le patient sera ensuite orienté vers un médecin traitant.

Les pharmaciens des 44 officines qui participent à l’opération sur les 138 que compte la zone Lens/Hénin, soit près d’un tiers d’entre elles, ont assisté à l’une des deux sessions de formation organisées pour l’occasion. Un site internet dédié permet de saisir instantanément les résultats de chaque dépistage et du matériel spécifique (toise, pèse-personne, mètre ruban, autopiqueurs et consommables) a été fourni aux officines. De même, chacune d’entre elles a reçu en prêt un analyseur qui permet, via un unique prélèvement capillaire, l’analyse combinée du cholestérol total, du HDL (ou « bon » cholestérol) et de la glycémie. Le tensiomètre est quant à lui à la charge des officines participantes. Chaque dépistage est indemnisé à hauteur de 20 euros avec un objectif final de 40 dépistages par officine.

Benoît Thelliez

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions

Soyez le premier à réagir !

Les réactions aux articles sont réservées aux professionnels de santé inscrits
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.

Réagir à cet article