Suicide d’un neurochirurgien : l’organisation hospitalière en cause ?

Grenoble, le vendredi 3 novembre - La direction du CHU de Grenoble a annoncé dans un communiqué le « décès brutal d'un neurochirurgien dans la nuit de mercredi à jeudi ». Le praticien de 36 ans « très apprécié par l'ensemble des équipes et reconnu par les étudiants comme un excellent enseignant » a ainsi été découvert mort au petit matin dans le bureau des infirmiers de son service, une seringue contenant des traces de curare et d’insuline à ses côtés. Une ultime lettre dans laquelle le praticien évoquait des problèmes personnels a également été retrouvée. 
Une cellule d'urgence médico-psychologique a été activée et une réunion du comité d'hygiène, sécurité et des conditions de travail (CHSCT) s’est tenue au Centre hospitalier Grenoble Alpes ce matin.

Grenoble : un CHU à haut risque ?

Réagissant à cette actualité dramatique, l’association Jean-Louis Mégnien, fortement impliquée dans la prévention du suicide des soignants, souligne que bien qu’elle ne « sous-estime pas la nature complexe et multiple des causes amenant au passage à l'acte suicidaire » elle se doit de rappeler que « sur la carte des signalements de maltraitance et de harcèlement que met régulièrement à jour l'association figurent plusieurs cas en provenance du CHU de Grenoble ».
Pour l’organisation, cette autolyse « conduit une nouvelle fois à s'interroger sur la gestion des ressources humaines dans les établissements de soins, trop souvent brutale, soumise à la tyrannie du chiffre et portant atteinte à la dignité des personnels ».

Bientôt une nouvelle enquête sur le suicide des soignants

Hasard du calendrier, l'association Soins aux professionnels de santé (SPS) lance pour la troisième année consécutive son enquête annuelle sur la souffrance des soignants. Tous les professionnels de santé sont ainsi appelés à y participer jusqu'au 21 novembre, en suivant ce lien : http://www.exafield.com/enquetes/survey_PDS_3848_2/Ethnos.dll?ID=452491054

Rappelons que l'objectif de cette étude est de « quantifier le nombre de suicides et de comportements suicidaires, ainsi que l'impact du suicide sur l'entourage du professionnel de santé » pour « inciter le gouvernement à proposer enfin un plan de prévention contre le risque suicidaire, tant pour les professionnels de santé que pour la population française ». Les conclusions de cette enquête seront présentées lors du 3e colloque national de SPS intitulé « quelles innovations dans la prise en charge des professionnels de santé rendus vulnérables ? », organisé le 11 décembre au ministère de la Santé.

Frédéric Haroche

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