Autisme, la piste de l’aluminium revisitée

Si les troubles du spectre autistique (TSA) constituent des perturbations d’ordre neurodéveloppemental dont l’étiologie précise demeure inconnue, on estime que celle-ci implique à la fois une sensibilité génétique et des facteurs environnementaux. Parmi ces facteurs liés à l’environnement, rappelle une équipe britannique ayant mené une étude sur ce thème, l’exposition des tissus cérébraux à l’aluminium représente l’une des pistes neurotoxiques envisagées, en particulier par les détracteurs des vaccinations obligatoires ou du moins de la présence litigieuse d’adjuvants à base d’aluminium dans certains vaccins utilisés en pédiatrie. Les auteurs notent aussi que les travaux sur les modèles animaux des TSA soutiennent des « liens possibles » entre l’augmentation de la prévalence des TSA et l’aluminium, notamment avec les adjuvants à l’aluminium utilisés dans des vaccins.

Se démarquant des recherches classiques où l’exposition humaine à l’aluminium n’est appréciée qu’à travers sa mesure dans les cheveux (ou plus rarement dans le sang et dans l’urine), cette étude évalue pour la première fois la teneur en aluminium du tissu cérébral de donneurs avec un diagnostic de TSA, grâce à une collaboration avec la banque de tissus cérébraux de l’Université d’Oxford (the Oxford Brain Bank)[1] et le recours à des techniques particulières (spectrométrie d’absorption atomique et microscopie à fluorescence).

Une concentration élevée d’aluminium dans le tissu cérébral de personnes souffrant de TSA

Dans les échantillons de tissus cérébraux des cinq sujets avec TSA examinés, les auteurs constatent que la teneur en aluminium est « constamment élevée » : en moyenne 2,3 μg d’aluminium par gramme de poids sec (dans le lobe frontal) à 3,82 μg/g (dans le lobe occipital et le lobe pariétal). Ces fortes teneurs en aluminium suscitent ce questionnement des chercheurs : « il s’agit des valeurs parmi les plus élevées, observées à ce jour dans le tissu cérébral humain, et il faut se demander pourquoi, par exemple, la teneur en aluminium du lobe occipital d’un garçon de 15 ans est de 8,74 μg/g de poids sec ? » Comme l’aluminium semble aussi présent dans des cellules apparentées à la microglie et « dans d’autres cellules inflammatoires non neuronales des méninges, du système vasculaire, de la matière grise et de la matière blanche, les auteurs estiment que cette recherche « peut offrir des indices sur le rôle supposé de l’aluminium cérébral » dans le déterminisme des TSA.

[1] https://www.hra.nhs.uk/planning-and-improving-research/application-summaries/research-summaries/the-oxford-brain-bank/

Dr Alain Cohen

Référence
Mold M et coll.: Aluminium in brain tissue in autism. Journal of Trace Elements in Medicine and Biology, 2018; 46: 76–82.

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Vos réactions (8)

  • Aluminium et complotistes

    Le 25 janvier 2020

    Tiens donc! Ceux qui ne veulent pas des onze vaccins aluminisés ne sont peut être pas aussi complotistes qu'on veut le faire croire.
    C'est tellement facile de traiter les gens de complotistes! Cela évite d'avoir à justifier ses affirmations. Ils sont complotistes, donc fous. Inutile donc de discuter.

    Dr Delannoy

  • D'aucuns regardent le doigt....

    Le 26 janvier 2020

    Petit rappel via des extraits wikipedia:
    "l'aluminium présent dans les aliments, soit 10 à 40 mg par jour, voire plus est à 99 à 99,9 normaleemnt éliminé dans les fèces, sans être absorbé dans le tractus gastro-intestinal, mais ce taux varie selon le composé chimique, sa solubilité, le pH du bol alimentaire et la présence éventuelle d'agents complexants chélateurs (tels que l'acide citrique du jus de citron peuvent augmenter l'absorption à 2 à 3%). On estime que 1 ‰ et 3 ‰ de l'aluminium provenant de la nourriture et de l'eau potable sont absorbés dans le tractus gastro-intestinal"

    Vous finirez votre recherche en lisant les quantités absorbées per os dont les boissons ou aliments, surtout acides, contenus dans des récipients en aluminium (ex: une canette de coca). Cela vous rassurera quant aux vaccins en mettant en balance les notions de quantités délivrées per os, transcutanées (cosmétiques) et les injectats. Et vous vous ferez une idée de quels sont les vecteurs d’absorption et ferez votre balance bénéfices-risques entre un vaccin et un cola en canette.
    Bonne année à tou.te.s, bloavez mad,

    Ken@vo!

  • Valeurs usuelles ?

    Le 27 janvier 2020

    Ce résumé d'article est beaucoup trop incomplet.
    Il ne dit absolument rien de concret, mais cela n’empêche pas les antivax d'en tirer déjà des conclusions...

    Sur quelle base affirme t-on que 2.3 microg/g dans le lobe frontal, c'est élevé ?
    Quels sont les dosages habituellement relevés dans la population de référence ?
    Dosages réalisés sur sujets sains en parallèles ?
    Fiabilité des mesures ? laboratoire de référence ?

    La définition du TSA est également d'interprétation très très variée.
    On ne connait pas les critères d'inclusion.

    De plus, une étude isolée, sur seulement 5 patients, ne permet pas tirer des conclusions si absence de confirmation par des études indépendantes.

    Car malheureusement on touche un domaine où la triche est facile et habituelle, surtout sur de petites études.

    Si des différences significatives étaient confirmées, ce qui n'est pas le cas à ce jour, il faudrait ensuite rechercher si les valeurs "élevées" sont liées à un excès d'apport, susceptible d’être la cause de la pathologie, ou si cela résulte d'un excès de concentration, conséquence et non cause de la pathologie.

    Dr Christophe Labbe



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