Des psychiatres libéraux militent pour déplafonner l’activité de téléconsultation

Paris, le jeudi 29 septembre 2022 - La téléconsultation a le vent en poupe auprès des psychiatres : 64 % l’ont déjà pratiqué et une consultation de psychiatrie sur 5 est aujourd’hui réalisée à distance selon une enquête publiée par le Quotidien du médecin début septembre.

Dans ce contexte, des psychiatres libéraux demandent par voie de pétition que soient revues les conditions d’encadrement de la téléconsultation telles qu’elles ont été définies par l’Avenant 9 en avril 2022. Ils demandent ainsi un déplafonnement de l’activité de téléconsultation, actuellement limitée à 20% et une prise en charge équivalente à une consultation présentielle (actuellement le remboursement de certains actes en pédopsychiatrie, n’est pas possible en téléconsultation).

Une règle imaginée pour les spécialités somatiques…


Dans le texte de sa pétition, adressée au ministre de la santé, ce collectif plaide : « les raisons justifiant de restreindre la pratique de la téléconsultation pour la psychiatrie et la pédopsychiatrie sont peu compréhensibles, à l’inverse des autres spécialités somatiques, puisque nos spécialités n’impliquent pas d’examen physique en pratique courante et qu’un principe de coordination avec le médecin traitant (qui réalise l’examen physique) est déjà présent ».

Pour les auteurs, le développement de la télémédecine en psychiatrie serait également un moyen de répondre à la problématique des déserts médicaux (en particulier en pédopsychiatrie) et de l’attractivité de la psychiatrie libérale. Elle serait également un atout pour contourner les « limitations d’accès aux soins inhérentes aux problématiques de santé mentale » (aboulie, évitement anxieux etc.).

En supprimant les contraintes de déplacement et d’horaires, la téléconsultation offrirait ainsi « une réponse aux limites d’organisation qu’impliquent ces rendez-vous répétés, et favorise l’accès aux soins notamment pour les patients qui travaillent » écrivent les auteurs.

Concernant les réserves sur la qualité des soins qui serait dégradée par la télémédecine, le collectif estime au contraire que « la réactivité qu’elle offre et sa meilleure accessibilité permet une meilleure anticipation et prévention des situations de crise, ce qui permet d’éviter des hospitalisations ».

Pour ces différentes raisons, ce collectif interpelle donc le ministère de la santé et la CNAM pour qu’ils reconsidèrent les règles actuelles.

Une question qui s’invitera peut-être aux prochaines négociations conventionnelles.  

F.H.

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Vos réactions (2)

  • Bla Bla numérique opportuniste

    Le 29 septembre 2022

    Un titre contraire aurait été un vrai scoop : " Les psychiatres libéraux militent pour plafonner l’activité de téléconsultation. "
    Après la surprise, toute l'attention était alors requise, mais retour à la vraie vie : sans nostalgie ringarde, il n'est plus à établir que le désarroi des uns est une opportunité pour d'autres ! Qui doute de la "réactivité" de la réponse mercantile face à la détresse et de la pugnacité de l'offre ? : abus de faiblesse, offre et demande à nouveau.
    Les argumentaires altruistes sur les déserts médicaux et la réduction des hospitalisations ont toutes chances d'avoir leur auditoire : les maux clefs sont là. Pour égarer les patients plus crédules.
    Un radio-crochet serait bien plus informatif, jamais tenté pour ne pas casser l'ambiance : combien de consultations hospitalières publiques de pédiatrie sont ouvertes le... samedi matin. Voila une vraie info potentielle. Les avantages pour les familles sont patents, les conflits d'intérêts le sont aussi.
    Demande-t'on au Pape si il croit en le petit Jésus ?
    Personne ne doute qu'il va appartenir (et appartient déjà) à la la demande de s'adapter à l'offre : quelle qu'elle soit et à quel coût patient ? Inversion de paradigme qui profitera plus au nouveaux "élus" qu'aux patients à mon sens. Mais à suivre, "évaluer", malheureusement.
    "Next" à nouveau, sans surprise, ni scoop. Il restera à nous abreuver de déontologie, d'éthique, de Fables de M de la Fontaine, serments divers, et retours d'expériences nostalgiques de bons médecin de campagne... d'une autre ère.

    Dr JP Bonnet - PH -62ans

  • Réponse

    Le 23 octobre 2022

    Très beau texte du Dr Bonnet,
    Je suis un psychiatre qui évite au maximum la télé consultation, car même quand on parle, il faut déplacer son corps, faire un effort, ne pas réduire la consultation à un échange téléphonique.

    Dr Jacques Weiss

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