L’athérosclérose infra-clinique précoce progresse vite dans près de la moitié des cas

Il est admis que la présence d’une athérosclérose prédit la survenue d’événements cardiovasculaires ; cependant, on connaît mal la signification de la progression de l’athérosclérose infra-clinique qui intéresse plusieurs sites de l’organisme.

C’est ce qui a conduit López-Melgar et coll. à tenter d’évaluer la progression à court terme de l’athérosclérose infra-clinique dans de nombreux territoires et de déterminer si cette progression était corrélée avec le risque cardiovasculaire.

L’étude a porté sur les données des 3 514 participants (âge moyen : 45,7 ± 4,2 ans ; hommes : 63 %) inclus dans l’étude PESA (Progression of Early Subclinical Atherosclerosis).

 Tous les participants ont bénéficié, à l’état basal et 2,8 années plus tard : d’une échographie bidimensionnelle (E2D) vasculaire (aorte abdominale, artères carotides, iliaques et fémorales) destinée à comptabiliser le nombre des plaques ; d’une échographie tridimensionnelle (E3D) pour apprécier le volume des plaques carotides et fémorales ; d’une évaluation du score calcique coronaire.

On a également déterminé l’incidence de l’apparition de nouvelles lésions et les modifications évolutives des lésions existantes.

A court terme (3e année), l’imagerie a objectivé une progression de l’athérosclérose chez 41,5 % des participants (26,4 % par E2D ; 21,3 % par E3D et 11,5 % par le score calcique coronaire), et ce surtout au niveau des territoires vasculaires périphériques.

Progression mieux objectivée par les échographies que par le score calcique

L’apparition de nouvelles plaques athéroscléreuses a rendu compte d’environ un tiers de la progression totale des lésions ; elle a été objectivée plus fréquemment par E2D (29,1 %) et par E3D périphérique (16,6 %) que par l’appréciation du score calcique coronaire (2,9 %).

Les participants qui avaient, à l’état basal, des plaques d’athérosclérose retrouvées par les trois techniques (n = 432) ont présenté une progression significative de l’athérosclérose.

Un certain nombre de facteurs ont contribué à la progression de l’athérosclérose : âge, sexe, dyslipidémie, hypertension, tabagisme, antécédents familiaux de maladie cardiovasculaire précoce ; tout en sachant que la dyslipidémie constituait le facteur de risque modifiable le plus puissant.

La progression des plaques s’est trouvée corrélée avec le risque cardiovasculaire à 10 ans ; il faut aussi souligner qu’une progression de l’athérosclérose a tout de même été détectée chez 36,5 % des participants étiquetés à bas risque.

En conclusion, cette approche multimodale menée sur plusieurs territoires vasculaires, a permis de mettre en évidence la progression, à court terme, d’une athérosclérose précoce, infra-clinique, chez un nombre substantiel (à savoir, 41,5 %) de sujets apparemment sains, d’âge moyen, des deux sexes ; cette progression a été objectivée plus souvent par E2D/E3D périphérique que par l’appréciation du score calcique coronaire. La progression des lésions athéroscléreuses était corrélée à la présence de la plupart des facteurs de risque cardiovasculaire et notamment la dyslipidémie.

Dr Robert Haïat

Référence
López-Melgar B et coll. : Short-Term Progression of Multiterritorial Subclinical Atherosclerosis. J Am Coll Cardiol., 2020 ; 75 : 1617-1627.

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Vos réactions (1)

  • Pas de critère clinique

    Le 29 mai 2020

    Voilà une étude très contestable, fondée uniquement sur des critères d'imagerie, sans groupe comparatif et surtout aucun critère clinique. A jeter.

    Dr Alain Siary

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