PLFSS : Agnès Buzyn marche sur des œufs

Paris, le jeudi 3 août 2017 - En ce début de mois d'août, Agnès Buzyn commence la préparation du projet de loi de finances de la sécurité sociale (PLFSS). Lundi après-midi, elle a ainsi participé à une « réunion interministérielle » et, aujourd’hui, elle s’entretient avec le Président de la République à ce sujet. Il faut dire que la question est épineuse et que depuis qu’Édouard Philippe a annoncé un retour à l’équilibre à « l’horizon 2020 » et s’est engagé à définir « de nouvelles règles permettant de proscrire dans la durée le déficit des comptes sociaux », les syndicats de médecins libéraux (entre autres) sont sur le qui-vive.

Ainsi, le SML (Syndicat des médecins libéraux), malgré la trêve estivale, s'est manifesté cette semaine pour fait savoir qu’« alors que le Président de la République et le gouvernement arbitreront les différentes hypothèses de cadrage budgétaire pour 2018, le SML souhaite rappeler le caractère stratégique d’un investissement massif sur la médecine libérale ». Le SML en appelle également à ce que notre pays prenne (enfin) le "virage ambulatoire" qui devrait passer, selon ses vœux, par une déshospitalisation massive et par de nouveaux moyens pour les médecins libéraux pour s’équiper. Au total, l’organisation demande « un desserrement de l’ONDAM dès 2018 ».

Début juin, Jean-Paul Ortiz, président de la CSMF s’était aussi prononcé en ce sens et avait fait part de son souhait qu’Agnès Buzyn arbitre en faveur d’« un Ondam suffisant pour les soins de ville » et d’« un plan annuel d’un milliard sur cinq ans ». De son côté, le Dr Leicher, président de MG France, propose « un plan d’investissement massif sur les soins primaires » et, en marge de sa rencontre avec le ministre de la Santé, avait indiqué qu’il jugerait l’action du nouveau locataire de l’avenue de Ségur à l’aune de sa détermination de « créer un fonds d’investissement dédié aux soins primaires »…Entre des syndicats appelant à des investissements massifs pour la médecine de ville et un gouvernement cherchant à faire partout des économies, pas sûr que l’"état de grâce" ne dure très longtemps !

F.H.

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Vos réactions (2)

  • Poids Lourd, les failles de la Sécurité Sociale (PLFSS)

    Le 03 août 2017

    Personne ne se pose la question de la pertinence de la volonté de l'Etat d'administrer le revenu des cotisations sociales des citoyens ? C'est de notre argent qu'il s'agit, pas de celui de l'Etat, et de ce qu'en fait l'assurance maladie pour remplir sa mission d'assureur, ou j'ai tout faux ?

    Dr FM Michaut

    Se soigner coute de plus en plus cher, dit-on, sans songer qu'il est possible, et probablement souhaitable, de ne plus dépenser sans compter comme y incite notre système. Les entrées d'argent ne peuvent plus suivre. C'est trop difficile à comprendre ? Tout le bruit fait au nom du respect des "zaquisociaux" n'a aucun sens autre, hélas, qu'électoral.
    Dame Sécu a plus de soixante dix ans : elle a droit à une retraite paisible amplement méritée, vous ne trouvez pas ?
    François-Marie Michaut www.exmed.org

  • Retour à l'equilibre...autrement !

    Le 11 août 2017

    Le message des differents pouvoirs depuis 50 ans à propos de la Secu est toujours le meme:il faut equilibrer en reduisant les frais.Et quand on parle d'augmenter les ressources, tout le monde comprend "augmenter les cotisations".Mais il existe une autre façon d'augmenter les ressources : augmenter aussi l'éventail de services proposés en echange de nouvelles cotisations.Tous les grands services publiques l'ont plus ou moins fait. La Poste fait même passer le permis de conduire par les facteurs que la reduction du courrier papier met en sous activité.Mais la Secu, c'est l'Assurance Obligatoire et rien de plus ! Pourtant, et des personnes qualifiées sont de plus en plus nombreuses à le proposer, un gros gisement de ressources est largement à sa portée. Sans gros frais de fonctionnement supplémentaires, et aux memes tarifs que les Banques,les Assurances et les Mutuelles qui s'y prelassent tranquillement (avec 15 ou 18 % des cotisations qui passent en frais,alors que la Secu,c'est 3.2%!), la Secu beneficierait de larges excedents de gestion.Excedents qui pourraient par exemple rembourser 2 fois plus vite la Dette Sociale, que la pauvre CRDS espère combler en 2032 (ou plus si le deficit se recreuse).Alors Monsieur le Président, nouveau, dynamique et creatif, chiche ?

    Maignan, pharmacien

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