Plus de 80 clusters détectés en France

Paris, le jeudi 28 mai – Si la crainte d’une deuxième vague immédiate semble s’éloigner, la survenance de cluster un peu partout en France nous rappelle que le virus continue de circuler.

Tous les voyants sont au vert. Le nombre de contaminations prouvées par PCR ne cesse de diminuer (malgré une accélération de la campagne de dépistage), la proportion de tests Covid-19 positif est faible, les services de réanimation se vident lentement et les consultations pour suspicion de Covid-19 deviennent une denrée rare. Le spectre d’une deuxième vague immédiate s’éloigne de plus en plus de la France et de l’Europe.

Pourtant le coronavirus n’a pas disparu de notre pays et continue de circuler. Dans un rapport de Santé Publique France publié il y a une semaine, on comptait ainsi 46 clusters depuis le début du déconfinement le 11 mai dernier. Au total, on aurait détecté à ce jour 82 foyers infectieux dans toute la France. Pour rappel, un « cluster » (un « groupe » ou une « grappe » dans la langue de Pasteur) est signalé dès lors qu’au moins trois personnes travaillant ou vivant au même endroit ou ayant été en contact proche ont été testés positifs au Covid-19.

Les Ephad et les hôpitaux particulièrement touchés

Si l’on retrouve des foyers de contamination sur tout le territoire, les deux régions les plus touchés sont la Nouvelle-Aquitaine (33 clusters), région jusque-là relativement épargnée par l’épidémie et le Grand Est (23 clusters). Les clusters peuvent être de taille plus ou moins importante : dans un abattoir du Loiret, 79 personnes ont été testés positifs.

Les Ephad et les maisons de retraite, qui ont déjà beaucoup souffert de la pandémie, sont particulièrement touchés : 15 établissements pour personnes âgés ont été contaminés dernièrement dans le seul Grand Est. Mais les jeunes ne sont pas à l’abri : à l’Ecole Nationale des Sous-Officiers d’active de Saint-Maixent, 44 soldats en herbe sont positifs au Covid-19. Parmi les clusters on compte également de nombreux hôpitaux : 23 cas à l’hôpital de Loudun près de Tours, idem à l’hôpital de Saumur.

Du bon côté des clusters

Pour les autorités sanitaires, l’apparition de ces nombreux clusters ne doit pas être une source d’inquiétude. Au contraire, elle prouverait que la campagne de dépistage massive lancée avec le déconfinement du 11 mai porte ses fruits. « Le signalement de ces clusters est la conséquence de la demande de dépistage de tout patient présentant des symptômes évocateurs du Covid-19 et de la recherche des sujets contacts » selon Santé Publique France. Puisque désormais, tout test positif au coronavirus entraine le dépistage de tous ses cas contacts, il est donc logique que l’on détecte des clusters : plus on cherche, plus on trouve.

Antoine Flahault, professeur d’épidémiologie à Genève, va même plus loin. Selon lui, la découverte de ces clusters est le signe de la défervescence de l’épidémie. « Désormais, le faible nombre de cas quotidiens permet d’investiguer et de retrouver les cas contacts » explique-t-il.

Autrement dit, c’est parce que le nombre de contaminations est désormais très faible que ces clusters sont détectés, alors qu’ils étaient, au pic de l’épidémie, noyée dans la masse des contaminés.

Si même la découverte de foyers infectieux est une bonne nouvelle, on ne peut que se montrer optimiste sur la suite des évènements.

QH

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Vos réactions (2)

  • Insupportable manque de moyen au début de l'épidémie

    Le 29 mai 2020

    « Désormais, le faible nombre de cas quotidiens permet d’investiguer et de retrouver les cas contacts » explique-t-il.
    Autrement dit, c’est parce que le nombre de contaminations est désormais très faible que ces clusters sont détectés, alors qu’ils étaient, au pic de l’épidémie, noyée dans la masse des contaminés."

    Il aurait surtout fallu avoir les moyens d'une médecine moderne et pouvoir tester massivement dès le début de l'épidémie!

    Dr Fabienne Leger-Pousset

  • Liste des clusters à publier

    Le 01 juin 2020

    Si déjà on publiait dans la presse la carte et la liste des clusters, on prouverait à la population déjà que le virus peut circuler près de chez eux, même dans les hameaux les plus reculés.
    Et au lieu de développer une appli liberticide, on prendrait ou renforcerait nos précautions là où ça circule encore.
    Pas besoin de smartphone pour ça...

    Dr PAM

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