Arnaud Robinet prêt à remplir ses fonctions

Reims, le samedi 15 octobre 2022 – Maire de Reims depuis 2014, l’ancien député Arnaud Robinet a été élu président de la FHF le 21 septembre dernier.

Le coup a dû être rude à encaisser. A 20 ans, Arnaud Robinet a vu son rêve de devenir médecin se briser lorsqu’il a loupé pour la troisième fois consécutive la terrible première année de médecine. Mais le jeune rémois, qui partage des origines champenoise, juive algérienne et kabyle, n’a pas baissé les bras. Près de trente ans après cet échec, le voilà désormais, à 47 ans, président de la Fédération Hospitalière de France (FHF), prêt à défendre les intérêts de l’hôpital public au moment où il traverse une crise sans précédent et se relève à peine de l’épidémie de Covid-19.

Après ce premier échec académique, Arnaud Robinet n’a pas voulu s’éloigner du monde médical et a fini par devenir docteur en biochimie et biologie moléculaire à l’université de Reims en 2003. Il découvre le système hospitalier en 2007, lorsqu’il devient praticien hospitalier en pharmacologie au CHU de Reims, établissement dont il deviendra par la suite président du conseil de surveillance.

De Fillon à Macron, Robinet toujours dans les bons tuyaux


Entre temps, le jeune champenois a été pris par le virus de la politique. En 2008, à la faveur d’une élection législative partielle, il est élu député de la 1ère circonscription de la Marne et devient, à 33 ans, le plus jeune député du groupe UMP, avant d’être réélu sous l’étiquette Les Républicains en 2012. Soutien de François Fillon, il se place au départ dans l’aile conservatrice du parti de droite et vote notamment contre l’ouverture du mariage aux couples de même sexe (un vote qu’il dira plus tard regretter). Il finira par se recentrer en se rapprochant de Christian Estrosi, avant d’adhérer au parti Horizons d’Edouard Philippe en 2021 et de soutenir la campagne d’Emmanuel Macron en 2022.

Au Palais Bourbon, qu’il quittera en 2017, Arnaud Robinet s’impose comme l’un des experts de la droite sur les questions de santé. Il préside ainsi une mission d’information sur la santé mentale et l’avenir de la psychiatrie en France et participe à une autre sur le scandale du Mediator, où il plaide pour renforcer l’indépendance des experts chargés d’évaluer les médicaments vis-à-vis de l’industrie pharmaceutique.

Elu entre temps maire de Reims en 2014 (puis réélu en 2020), Arnaud Robinet n’hésite pas à s’opposer à sa famille politique en signant en 2020 avec deux autres maires LR une tribune en faveur de la légalisation du cannabis. « La prohibition du cannabis est un échec, légaliser le cannabis est le meilleur moyen d’en anéantir le trafic et de ruiner les trafiquants » pouvait-on lire dans cette tribune publiée dans le JDD. Il envoie même une lettre au Premier Ministre Jean Castex lui demandant d’expérimenter la vente et la consommation légale de cannabis dans sa ville de Reims !

Pas de révolution, mais des réformes goutte à goutte


Entre la politique et l’hôpital, Arnaud Robinet se refuse à choisir. Elu à la tête de la section Grand Est de la FHF, il décide de se présenter à la présidence de la Fédération nationale cette année à la suite du départ de Frédéric Valletoux (qui aura fait le chemin inverse puisqu’il est désormais député). Il a finalement été élu à la tête de la FHF le 21 septembre dernier par 34 voix contre 25 au Pr Jean-Louis Touraine, également ancien député.

Dans ses premières déclarations depuis son arrivée à la tête de la FHF, Arnaud Robinet a exprimé sa volonté de renforcer la collaboration entre l’hôpital public et le privé. Son élection a en tout cas été bien accueilli par les syndicats de médecins libéraux : le Dr Franck Devulder, président de la CSMF et également d’origine rémoise, a appelé de ses vœux une « nouvelle écoute », alors que les relations entre les libéraux et Frédéric Valletoux n’ont pas toujours été optimales. Pas question pour lui de venir révolutionner le système de santé : Arnaud Robinet se dit favorable au maintien de la liberté d’installation et à la tarification à l’activité à l’hôpital.

Désertification médicale, manque de personnel hospitalier, conditions de travail exigeantes, gouvernance hospitalière, CNR Santé : les chantiers qui attendent le nouveau président de la FHF sont nombreux. Sa proximité avec la majorité présidentielle constituera tout à la fois un atout et potentiellement une fragilité. On espère que lorsque d’éventuelles négociations difficiles avec le pouvoir se profileront à l’horizon, Arnaud Robinet ne fuira pas ses responsabilités.

Nicolas Barbet

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions (1)

  • Procés d'intention : la revanche ?

    Le 15 octobre 2022

    Excessif de parler de frustration initiale puis de "touche à tout", bien loin de la biochimie et de la biologie moléculaire ? Le CV médical devient un marchepied ou un faire-valoir ?
    Prise de position courageuse sur le cannabis et l'impact redouté de sa légalisation... sur la "paix sociale".

    Dr JP Bonnet

Réagir à cet article