Demetre Daskalis, médecin gay et fier de l’être

New York, le samedi 3 septembre 2022 – Ouvertement homosexuel, le Dr Demetre Daskalis est devenu le visage de la lutte contre la variole du singe aux Etats-Unis.

Chemise ouverte, corps bardé de tatouages, lanières en cuir sur le torse, casquette noire à la main, Demetre Daskalis pose fièrement pour Plus, un journal américain destiné aux hommes homosexuels séropositifs. L’attitude et le look du Dr Dasklakis n’est pas vraiment celle qu’on attend habituellement d’un infectiologue.

Mais ce médecin américain d’origine grecque est pourtant considéré comme l’un des meilleurs spécialistes du VIH aux Etats-Unis. Directeur de la division des CDC dédiée à la lutte contre le SIDA depuis décembre 2020, il a été nommé le 2 août dirigeant adjoint du comité mis en place par le président Joe Biden pour lutter contre la variole du singe.

Baisse record des contaminations au VIH à New York

Ouvertement homosexuel, le Dr Daskalis a décidé de consacrer sa carrière médicale à aider les hommes gays comme lui à éviter de contracter des IST. En tant que membre de l’institut de santé publique de l’Etat de New York de 2014 à 2020, il a multiplié les campagnes pour promouvoir l’usage de la PreP (prophylaxie préexposition) et de la TasP (« treatment as prevention ») chez les hommes homosexuels et a également favorisé une politique de dépistage énergique.

Résultat, entre 2013 et 2017, le nombre de nouvelles infections au VIH chez les homosexuels new-yorkais a baissé de 35 %, pour atteindre une incidence historiquement basse.

Personnage fantasque, le Dr Daskalis n’hésite pas à donner de sa personne pour promouvoir ses messages de prévention. On l’a ainsi vu plusieurs fois participer à des gay prides, donner des interviews à des magazines homosexuels, s’afficher avec son compagnon et même s’habiller en drag-queen pour administrer des vaccins contre la méningite à des patients séropositifs.

Gay et optimiste

Depuis sa nomination au comité du gouvernement fédéral chargé de la lutte contre la variole du singe, il a permis de quelque peu réchauffer les relations avec les associations de défense des homosexuels, qui accusaient les autorités de ne pas en faire assez. Toujours souriant et optimiste, il forme un duo détonant avec le directeur du comité le très sérieux et respectable Robert Fenton, ancien dirigeant de l’agence fédérale de gestion de crise (FEMA).

La position particulière du Dr Daskalis lui permet de s’adresser sans ambages à la communauté gay. Sa recommandation de diminuer le nombre de partenaires sexuels, qui aurait peut-être été mal appréciée venant d’un autre médecin, a semble-t-il porté ses fruits, puisque 48 % des hommes homosexuels américains interrogés déclarent avoir diminué leur activité sexuelle depuis l’apparition de la maladie.

Grâce à ces messages de santé publique et à la vaccination, l’épidémie de variole du singe semble en train de ralentir aux Etats-Unis. Si l’épidémie venait à disparaitre, le Dr Daskalis pourra de nouveau se consacrer entièrement à la lutte contre le VIH, conscient du chemin accompli par les homosexuels américains depuis l’apparition du virus il y a 40 ans.

« Je suis ému quand je pense aux premiers jours de l’épidémie de SIDA, pas parce que je suis triste, mais parce que je n’arrive pas à croire à quel point nous avons avancé » déclarait-il en 2020. 

Quentin Haroche

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions

Soyez le premier à réagir !

Les réactions aux articles sont réservées aux professionnels de santé inscrits
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.

Réagir à cet article