La remontada de Christian Eriksen

Doha, le samedi 26 novembre 2022 – Ce samedi, l’équipe de France de football affronte le Danemark pour son deuxième match de poule (et non de pool) dans cette Coupe du monde 2022. Si l’on souhaite bien sur le meilleur aux Bleus, après leur victoire convaincante contre l’Australie (4-1), difficile de ne pas avoir une pensée émue pour l’un de leurs adversaires, le milieu offensif Christian Eriksen.

Les amateurs de football (et de cardiologie) se souviennent probablement du drame survenu le 12 juin 2021 au Parken Stadium de Copenhague, lors d’un match du championnat d’Europe de football opposant le Danemark à la Finlande. A la 42ème minute de jeu, Christian Eriksen, meneur de jeu de 29 ans, s’effondre sur la pelouse face contre sol, terrassée par un arrêt cardiaque. Son capitaine lui vient alors en aide, le met en position latérale de sécurité et l’empêche de s’étouffer avec sa langue, lui sauvant ainsi probablement la vie.

Arrêt de jeu


Le jeu est interrompu et pendant plusieurs minutes les sauveteurs se relayent pour prodiguer un massage cardiaque au joueur, pendant que ses coéquipiers, en pleurs, l’entourent pour cacher la scène aux milliers de spectateurs médusés. Tout le monde a alors en mémoire la mort tragique de Marc-Vivien Foé, joueur de foot camerounais emporté en plein match par un arrêt cardiaque en 2003 à seulement 28 ans. Défibrillé, Christian Eriksen est évacué du stade, escorté par ses coéquipiers, puis transféré vers un hôpital de la capitale dans un état stable. Cinq jours après l’incident, un défibrillateur automatique implantable est posé à C Erikden , ce qui lui permet de quitter l’hôpital dès le lendemain.

Se pose dès lors la question de savoir si le jeune athlète peut reprendre la compétition ou si sa carrière s’est brutalement terminée ce 12 juin 2021. Les cardiologues se montrent très sceptiques, estimant que le port d’un défibrillateur implantable est incompatible avec le sport de haut niveau, encore plus quand le patient a déjà subi un arrêt cardiaque. Mais Eriksen refuse de baisser les bras. « Dans quatre ou cinq mois, je serais de retour pour jouer » déclare le footballeur à sa sortie de l’hôpital en se fixant alors comme objectif ambitieux de participer à la coupe du monde au Qatar.

Eriksen joue les prolongations


Problème : la législation italienne interdisant aux personnes porteuses d’un défibrillateur implantable de pratiquer du sport professionnel, Christian Eriksen est obligé de quitter son club de l’Inter Milan. Qu’à cela ne tienne, le Danois signe en janvier dernier avec le modeste club anglais du Brentford FC. Le 26 février dernier, après huit mois de remise en forme, il peut de nouveau chausser les crampons dans un match officiel, recevant une ovation du public bien méritée à son entrée en jeu.

Le 26 mars, Eriksen enfile à nouveau le maillot danois pour un match amical contre les Pays-Bas. Auteur d’un but après seulement deux minutes de jeu, le milieu offensif est, fait rare, ovationné par le public hollandais. Trois jours plus tard, c’est dans une liesse indescriptible qu’il marque à nouveau pour son pays contre la Serbie au Parken Stadium de Copenhague, là même où il avait frôlé la mort 9 mois plus tôt.   

Sans doute meilleur joueur qu’il ne l’a jamais été, transféré au prestigieux club anglais de Manchester United, c’est logiquement qu’il a été retenu par le sélectionneur danois Kasper Hjulmand pour le voyage au Qatar. Si les Rouges et Blancs ont plutôt mal commencé la compétition avec un match nul 0-0 contre la Tunisie, Erisken dit « rêver à quelque chose de grand » pour cette compétition.

Une bien belle histoire dans une coupe du monde marquée par les polémiques, la corruption et les renoncements idéologiques.

Quentin Haroche

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