Que font d’extraordinaire les écolières de Sheno ?

Paris, le samedi 25 novembre 2017 – La scolarisation des petites filles progresse partout dans le monde. Pour atteindre cet objectif, de nombreux combats contre les conceptions archaïques ont dû être menés. Et notamment, contre les idées reçues attachées aux règles.

Pauvreté et archaïsme

C’est en effet souvent au moment des premières menstruations que s’opère dans les pays les plus pauvres d’Afrique le décrochage scolaire pour les jeunes adolescentes. Le tabou autour des menstruations est la première raison de cette éviction. Même auprès de leur mère, les jeunes filles n’osent pas évoquer la survenue de leur règle, le sang étant souvent d’abord associé à la perte de la virginité. Aussi, sont-elles tentées d’échapper à la vue de tous et notamment de leurs camarades masculins ; ce qui conduit peu à peu à l’abandon de l’école. Des raisons économiques s’associent à cette représentation archaïque. Les familles n’ont souvent pas les moyens de procurer des protections périodiques adaptées aux jeunes filles, rendant parfois difficile la continuation de la vie quotidienne.

Don de Dieu

Face à cette situation, des programmes ont été mis en place dans les écoles primaires d’Ethiopie (où 54 % des filles seulement terminent l'enseignement primaire), afin de lever le tabou sur les menstruations et de fournir aux jeunes filles des protections adaptées. Dans l’école primaire de Sheno, une ville rurale de l’Ethiopie centrale, pionnière de ce programme, on peut ainsi découvrir des écriteaux qui affirment « Les menstruations sont un don de Dieu ». « Nous leur apprenons que ce n'est pas une maladie, que c'est naturel et biologique » développe Tafesech Balemi, citée par l’AFP, professeur de biologie et chargée du club de "gestion de l'hygiène menstruelle", fruit d'une collaboration entre le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef) et les autorités éthiopiennes. Grâce à ce dispositif, les décrochages scolaires sont désormais rarissimes à l’école de Sheno (760 élèves) quand on comptait encore 20 petites filles abandonnant leur scolarité chaque année entre 2000 et 2012. Outre des messages informatifs et une prise en charge des douleurs, les équipes des « clubs d’hygiène » qui se développent dans le pays, vont également à la rencontre des familles, afin d’éviter que la banalité des règles ne fasse le lit de l’exclusion et de l’absence d’instruction.

Aurélie Haroche

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