Que retrouve-t-on sur les doigts de 13% de la population ?

Paris, le samedi 24 mars 2018 – Vous pouvez jurer que vous n’avez jamais touché à aucune drogue ? Il est peut-être un peu rapide de prêter un tel serment. Non pas que vous auriez pu vous égarer lors d’une soirée, mais parce que la drogue est partout et qu’elle peut même se retrouver sur vos doigts bien que vous ayez banni toute consommation de produits stupéfiants de votre vie. Tel est le principal enseignement de travaux de chercheurs de l’Université de Surrey en partenariat avec l’entreprise de biotechnologie Fingerprinting.

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L’objectif de l’équipe du docteur Melanie Bailey est la mise au point, en utilisant la spectrométrie de masse, d’un test de détection de différentes drogues à partir des empreintes digitales. Les chercheurs ont apporté la preuve de la faisabilité d’un tel test, en recourant à un échantillon de 50 volontaires non consommateurs et 15 personnes ayant indiqué avoir utilisé de la cocaïne ou de l’héroïne dans les vingt-quatre dernières heures. Leur méthode a permis de confirmer la présence de drogues sur les doigts de ceux identifiés comme utilisateurs. Mais, surprise, le test a également révélé que 13 % des empreintes digitales révélaient la présence de cocaïne et 1 % un métabolite de l’héroïne. Cette découverte rappelle combien « la cocaïne est un contaminant environnemental très répandu et en particulier, présent sur de nombreux billets de banque, cependant nous sommes surpris par sa détection si fréquente » indique Melanie Bailey citée par le site Slate qui révèle ces travaux à paraître dans la revue Clinical Chemistry.

Pour la mise au point de ce test, la fréquence de la présence de cocaïne était un défi supplémentaire. Cependant, grâce à l’établissement d’un seuil significatif, les concepteurs peuvent distinguer avec fiabilité les empreintes digitales simplement contaminées de celles témoignant d’une véritable consommation. Le test permet également d’écarter ceux et celles dont les doigts ont été exposés à la cocaïne à l’occasion d’un transfert secondaire (poignée de main avec un consommateur par exemple). Aujourd’hui, forts de leur analyse, les auteurs de l’étude veulent poursuivre leurs investigations en les élargissant au cannabis et aux amphétamines.

Léa Crébat

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