Qu’ont en commun la maladie X et la fièvre hémorragique de Crimée-Congo ?

Genève, le samedi 17 mars 2018 – Le pire n’est jamais sûr, enseigne le dicton. Le mantra est à se répéter quand on souffre d’une trop grande tendance à la certitude. C’est une maladie qui a longtemps frappé l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). L’institution a en effet pu être épinglée pour son manque d’anticipation et d’imagination, par exemple vis-à-vis de l’épidémie d’Ebola, dont elle a sous-estimé l’importance pendant de longues semaines. L’agence onusienne a semblé retenir la leçon, se montrant désormais plus prompte à tirer la sonnette d’alarme, comme face au Zika l’année dernière.

Prévoir l’imprévisible

Aujourd’hui, l’OMS a même décidé de plancher sur une maladie qui n’existe pas encore et dont on ne sait rien, si non qu’elle pourrait être la prochaine menace mondiale. A l’heure d’établir comme tous les ans grâce à un collège d’experts la liste des maladies « pouvant potentiellement causer un danger international », l’OMS a retenu cette année neuf pathologies ou virus bien connus et dont certaines ont déjà fait frémir la planète : la fièvre hémorragique de Crimée-Congo (CCHF), le virus Ebola et le virus de Marburg, la fièvre de Lassa, le coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV), le syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), les maladies henipavirales et la fièvre de la vallée du Rift (RVF). Mais à cette énumération, elle a ajouté la mystérieuse maladie X. C’est le fléau que l’on ne connaît pas, viral, bactérien ou chimique, transmis par la salive, les sécrétions sexuelles ou les voies aériennes. « Ça peut paraître étrange d'ajouter un X, mais nous voulons être sûrs d'être prêts, d'avoir des vaccins et des diagnostics qui pourront s'adapter. Nous voulons développer des systèmes prêts à l'emploi qui pourront traiter toutes sortes de maladies », a indiqué dans le Telegraph John-Arne Rottingen, directeur du Conseil norvégien pour la recherche et conseiller scientifique à l'OMS. Si une telle dénomination peut susciter une certaine inquiétude, l’OMS précise qu’au contraire il s’agit d’assurer la meilleure des préparations. Mais pour atteindre cet objectif, il est néanmoins nécessaire de disposer de quelques pistes. Ces dernières s’orientent plutôt vers les agents pathogènes présents chez les animaux, qui par le passé ont souvent créé les plus tristes surprises.

Léa Crébat

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